Côte d’Ivoire : Analyse de la performance mondiale de l’eurobond de 2,6 milliards $

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La réussite de l’eurobond de 2,6 milliards de dollars émis par la Côte d’Ivoire a suscité une surprise générale, notamment en raison du taux particulièrement favorable de 6,61%. Ce succès a attiré l’attention du monde financier sur ce marché national considéré comme spéculatif par les agences de notation, ouvrant ainsi la voie à des opportunités potentielles pour d’autres émetteurs souverains africains.

L’émission de la Côte d’Ivoire a non seulement généré des souscriptions atteignant 8 milliards de dollars, mais elle a également établi un taux d’intérêt moyen final de 6,61%, une performance comparable à celui des obligations à 10 ans du gouvernement américain, actuellement autour de 4,25%. Cependant, il est important de souligner que les États-Unis bénéficient d’une notation triple A, tandis que la Côte d’Ivoire, tout comme de nombreux pays africains, est classée parmi les émetteurs spéculatifs.

Un expert, s’exprimant de manière anonyme lors des Rencontres du Marché des Titres Publics à Cotonou, a souligné l’intérêt des investisseurs pour les obligations souveraines de la Côte d’Ivoire en tant qu’alternative potentielle. La sortie prochaine de l’Égypte de l’indice des obligations de pays émergents de JP Morgan pourrait avoir incité les investisseurs à rechercher des options alternatives. Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire est apparue comme une option viable, soutenue notamment par la performance du prix du cacao, sa principale exportation. L’augmentation du prix de ce produit, associée à une valorisation croissante du dollar par rapport à l’euro – devise à laquelle le FCFA est arrimé – suggère des perspectives d’amélioration des revenus pour le pays. De plus, la conversion de la nouvelle dette en une devise stable par rapport au FCFA pourrait présenter des avantages économiques.

Un autre aspect significatif est l’anticipation des investisseurs européens quant à l’évolution des taux des obligations des États membres de l’UE. Malgré des taux directeurs élevés maintenus par la Banque centrale européenne, celle-ci continue de soutenir les économies régionales. Dans ce contexte, les obligations de référence de ses pays membres affichent des taux allant jusqu’à 3,4% pour les plus élevés et 2,28% pour l’Allemagne. Les 6,6% de l’eurobond ivoirien deviennent donc une option attractive, surtout pour un emprunt libellé en euros.

Néanmoins, l’avenir du marché des émissions souveraines en Afrique subsaharienne demeure incertain. Bien que le succès de la Côte d’Ivoire puisse susciter de l’optimisme, la réplication de tels succès dans d’autres contextes pourrait se révéler délicate. Des exemples tels que le report d’émission par le Cameroun pour 2024 et les défis de refinancement du Kenya en 2024 soulignent l’impact potentiel des évolutions économiques mondiales sur les perspectives des marchés africains dans ce secteur.

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