Le FCFA atteint un niveau historique face au naira

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Un franc CFA renforcé offre aux investisseurs de la zone UEMOA une opportunité potentielle dans le secteur financier, mais une analyse approfondie des risques et des opportunités est nécessaire pour des décisions judicieuses.

Au 15 janvier 2024, le franc CFA a atteint son plus haut niveau par rapport au naira, dépassant les 2,45 nairas pour un franc, selon la Banque centrale du Nigeria. Cette situation pourrait inciter les investisseurs de la zone franc à considérer cette situation comme une opportunité, bénéficiant d’un pouvoir d’achat accru.

Cependant, derrière l’apparent attrait d’un franc CFA fort, une évaluation approfondie des risques liés au Nigeria est essentielle. La vigueur actuelle de la monnaie commune des pays de l’UEMOA et de la CEMAC s’explique en partie par la parité fixe avec l’euro garantie par la France. En revanche, la Banque centrale nigériane lutte pour contenir la dépréciation du naira, qui a perdu près de 194% de sa valeur officielle par rapport au dollar depuis juin 2023.

Cet écart de compétitivité monétaire peut offrir des opportunités aux investisseurs de la zone franc CFA, en particulier ceux vivant dans la zone UEMOA, cherchant à pénétrer le plus grand marché financier ouest-africain. Néanmoins, une évaluation minutieuse des risques et des opportunités est cruciale avant de s’engager dans ce marché prometteur. La puissance du CFA, largement basée sur la spéculation de ressources stables, ne doit pas faire oublier la véritable puissance du naira.

Avec des réserves de change de 33,7 milliards de dollars à fin décembre 2023, le Nigeria disposait de plus de 7,3 mois d’importations assurées à fin 2022. En comparaison, l’UEMOA, avec des réserves de 9,7 milliards de dollars à la même période, était en baisse et ne représentait que l’équivalent de 3,4 mois d’importations. Ainsi, la force relative du CFA pourrait rapidement s’inverser.

De plus, l’instabilité du naira et l’incapacité des autorités à stabiliser une monnaie structurellement fragile compromettent la visibilité à moyen terme. Au Nigeria, le délai moyen pour rentabiliser un investissement est actuellement de 11,4 ans, contre 9,8 ans dans l’UEMOA. De plus, la régulation stricte des ressources en devises complique les transferts de capitaux et de dividendes vers l’étranger. Entre les opportunités à court terme et le risque de confinement des capitaux, les investisseurs de la zone franc doivent agir avec discernement.

Malgré un historique de différentiel de change favorable rendant le Nigeria attractif, les investisseurs de l’UEMOA, en particulier, doivent aborder toute initiative d’investissement dans les produits financiers nigérians avec prudence. Il est impératif de saisir les opportunités tout en tenant compte des risques inhérents au Nigeria et en évaluant clairement la valorisation élevée du franc CFA.

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