Le développement de la mine d’uranium Dasa, au Niger, continue de se heurter à la question du financement. Pour mobiliser les plus de 400 millions de dollars nécessaires à la construction du projet, la compagnie canadienne Global Atomic explore désormais une nouvelle option : l’entrée potentielle d’un partenaire étatique canadien à son capital.
Dans un communiqué publié jeudi 11 décembre, le groupe indique être en train de solliciter « l’avis du gouvernement canadien concernant une solution de financement alternative impliquant l’achat d’une participation minoritaire dans la coentreprise SOMIDA », la filiale nigérienne de Global Atomic qui porte le projet Dasa. Aucun détail supplémentaire n’a été communiqué à ce stade sur les modalités ou le calendrier de cette option.
Selon l’étude de faisabilité actualisée en 2024, le coût total du projet est estimé à 424,6 millions de dollars. Depuis plus de trois ans, Global Atomic cherche à sécuriser environ 60 % de ce montant via un emprunt, principalement auprès d’une banque de développement américaine, tout en explorant parallèlement l’entrée d’un partenaire de coentreprise susceptible de financer une partie des travaux en échange d’une participation minoritaire.
L’intérêt potentiel du Canada s’inscrit dans un contexte où le pays occupe une place stratégique sur le marché mondial de l’uranium. Le parc nucléaire canadien fournit environ 15 % de la consommation électrique nationale, tandis que près de 85 % de la production d’uranium est exportée, notamment vers les États-Unis et l’Europe.
En attendant d’éventuelles avancées sur ce front, Global Atomic affirme continuer de bénéficier du soutien des autorités nigériennes. La direction du groupe a récemment rencontré le Premier ministre Ali Lamine Zeine ainsi que d’autres responsables gouvernementaux, afin de réaffirmer son engagement en faveur du projet.
Concernant le financement négocié auprès d’une banque de développement américaine — dont l’identité n’a pas été révélée — la compagnie précise que le processus d’approbation est toujours en cours, sans garantie à ce stade quant à une décision favorable.
Dans un Niger où l’uranium demeure un enjeu stratégique majeur, la concrétisation du projet Dasa reste ainsi étroitement dépendante de la capacité de Global Atomic à sécuriser un montage financier robuste dans un environnement politique et géopolitique encore incertain.




