Nigeria : un fonds d’un milliard de dollars pour stimuler les start-up de l’économie bleue dès 2026

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Dans un contexte de diversification accélérée de son économie, le Nigeria prévoit de lancer un fonds d’un milliard de dollars dédié aux start-up de l’économie bleue et du secteur maritime. L’initiative vise à soutenir l’émergence d’entreprises locales, attirer des capitaux privés et réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers.

L’annonce a été faite le dimanche 14 décembre 2025 à Abuja par Ronke Kosoko, directrice générale du Maritime Innovations Hub, lors d’une conférence de presse organisée en marge du sommet sur l’investissement dans l’économie bleue. Le fonds sera officiellement lancé à l’occasion du Sommet sur l’investissement dans l’économie bleue, prévu à Lagos du 9 au 11 mars 2026.

Un fonds ciblant plusieurs segments du maritime

Doté d’une enveloppe d’un milliard de dollars, le fonds ciblera des start-up opérant dans différents segments du secteur maritime, notamment le transport maritime, la pêche, le tourisme côtier, la construction navale et les énergies marines renouvelables. L’objectif est de financer des projets à fort potentiel, tout en renforçant les capacités techniques et managériales des entreprises bénéficiaires.

Selon Ronke Kosoko, le dispositif ne se limitera pas à l’octroi de financements directs. Il intégrera également des programmes de formation, un accompagnement technique et un accès à des réseaux internationaux. Le fonds s’inscrit dans la continuité d’un financement de 100 millions de dollars déjà mobilisé par le Nigeria pour la formation et le renforcement des capacités dans le secteur maritime. Les discussions avec les partenaires financiers seraient, selon elle, à un stade avancé, avec une finalisation des engagements attendue dans les prochaines semaines.

L’économie bleue, levier de diversification économique

Cette initiative intervient alors que le Nigeria cherche à rééquilibrer son modèle économique, historiquement très dépendant des hydrocarbures. L’économie bleue figure parmi les secteurs prioritaires identifiés par le gouvernement fédéral pour soutenir une croissance plus diversifiée et résiliente.

Le pays dispose pourtant d’atouts considérables, avec l’un des plus longs littoraux d’Afrique de l’Ouest — plus de 850 km — et une position stratégique sur les grandes routes maritimes internationales. Malgré cela, la contribution de l’économie bleue au produit intérieur brut (PIB) nigérian demeure inférieure à 3 %, selon les autorités.

Cette faible performance s’explique notamment par des infrastructures portuaires insuffisantes, un déficit de données économiques fiables et un cadre réglementaire jugé parfois instable, autant de facteurs qui freinent l’investissement privé et la structuration du secteur.

Pour Ronke Kosoko, un soutien financier structuré pourrait permettre à l’économie bleue de contribuer significativement à la réduction du déficit du PIB nigérian, estimé à environ 750 milliards de dollars. Les autorités misent sur des investissements ciblés pour transformer des activités informelles en entreprises structurées, créatrices d’emplois et de recettes fiscales.

Un signal adressé aux investisseurs internationaux

En combinant financement, formation et ouverture à des réseaux internationaux, le fonds ambitionne de lever plusieurs contraintes structurelles du secteur maritime nigérian. Les promoteurs estiment qu’un écosystème mieux structuré facilitera l’entrée de fonds d’investissement et de partenaires industriels, tant locaux qu’étrangers.

Cette annonce intervient dans un contexte institutionnel favorable. Fin novembre 2025, le Nigeria a fait son retour au Conseil de l’Organisation maritime internationale (OMI), après 14 ans d’absence. Le pays a été élu pour le mandat 2026 dans la catégorie C, qui regroupe les États ayant des intérêts particuliers dans le transport maritime.

Le ministre des Affaires maritimes et de l’Économie bleue, Adegboyega Oyetola, a présenté cette élection comme une reconnaissance des réformes engagées et des efforts déployés pour renforcer la sécurité dans le golfe de Guinée. Selon lui, ce retour au sein de l’OMI devrait renforcer les partenariats internationaux du Nigeria, améliorer son accès à l’assistance technique et accroître la confiance des investisseurs dans le secteur maritime.

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