Au Burkina Faso, comme dans la majorité des pays d’Afrique subsaharienne, les céréales locales constituent le socle de l’alimentation et un pilier stratégique de la sécurité alimentaire. Pour la campagne agricole 2025/2026, les perspectives s’annoncent particulièrement favorables, avec des volumes de production à des niveaux historiques.
La production céréalière provisoire du pays est estimée à 7,14 millions de tonnes, selon les chiffres présentés le mercredi 17 décembre en Conseil des ministres. Cette estimation, qui devra être confirmée à l’issue complète de la campagne, représente une hausse de 17,63 % par rapport à la campagne précédente (6,07 millions de tonnes) et une progression de 37,19 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Les autorités burkinabè attribuent cette performance aux mesures de soutien public mises en œuvre en faveur des agriculteurs et des éleveurs, notamment la distribution d’intrants agricoles, d’engrais subventionnés et d’équipements destinés à améliorer les rendements et la résilience des exploitations.
Le maïs en tête des productions céréalières
Dans le détail, le maïs s’impose comme la principale céréale produite, avec une récolte estimée à 2,68 millions de tonnes, soit près de 38 % de la production totale. Il est suivi par le sorgho, qui représente environ 34 % des volumes, puis par le riz paddy (14 %) et le mil.
Ces résultats confirment la place centrale du maïs et du sorgho dans le système agricole burkinabè, tant pour l’alimentation des ménages que pour l’approvisionnement des marchés locaux.
Des déséquilibres territoriaux persistants
Malgré ces performances globales, les autorités soulignent l’existence de fortes disparités régionales. Sur les 47 provinces que compte le pays, le bilan céréalier fait apparaître 15 provinces déficitaires, 8 en situation d’équilibre et 24 provinces excédentaires.
Cette configuration pose un défi majeur en matière de redistribution des excédents, afin d’éviter des tensions localisées sur l’approvisionnement et les prix, notamment dans les zones les plus vulnérables. Si la production nationale est jugée globalement supérieure à la demande intérieure, l’efficacité des mécanismes de stockage, de transport et de commercialisation sera déterminante pour transformer cette abondance en sécurité alimentaire réelle.
Un enjeu structurel pour la sécurité alimentaire
Selon les données de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), la culture céréalière a occupé en moyenne 4,2 millions d’hectares par an entre les campagnes 2019/2020 et 2023/2024, soulignant le poids stratégique de ces cultures dans l’économie rurale.
Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, climatiques et logistiques, la campagne 2025/2026 pourrait ainsi constituer un tournant majeur pour le Burkina Faso, à condition que les efforts de production soient accompagnés par des politiques efficaces de gestion des stocks, de circulation des denrées et de stabilisation des marchés.




