Annoncé comme l’un des projets aurifères structurants de la Guinée, Kiniero vient de franchir une étape décisive. La compagnie minière canadienne Robex Resources a annoncé, dans une note publiée le lundi 22 décembre 2025, la réalisation de la première coulée d’or sur ce site situé en Haute-Guinée.
Cette étape marque la mise en service officielle de la mine, qui devient ainsi la deuxième mine industrielle d’or mise en production en Guinée en l’espace de trois ans, après celle de Kouroussa, développée par Hummingbird Resources (Nioko Resources) et entrée en exploitation en 2023.
Un projet à 243 millions $ désormais opérationnel
Le projet Kiniero représente un investissement total estimé à 243 millions de dollars. Il s’agit d’un complexe aurifère appelé à produire en moyenne 139 000 onces d’or par an sur une durée de vie estimée à neuf ans, un niveau supérieur à celui de Kouroussa, dont la production annuelle moyenne est évaluée à 100 000 onces.
Après cette première coulée, Robex prévoit désormais de faire monter progressivement le site en puissance pour atteindre la production commerciale au premier trimestre 2026. Pour la première année complète d’exploitation, en 2026, la production est attendue autour de 155 000 onces d’or.
Un contexte de marché particulièrement favorable
L’entrée en production de Kiniero intervient dans un environnement exceptionnellement porteur pour l’or. Après avoir progressé de plus de 60 % depuis le début de l’année, le métal jaune se négocie actuellement autour de 4 300 dollars l’once, soit près du double du prix de 2 330 dollars l’once retenu dans l’étude de faisabilité du projet.
Cette dynamique renforce considérablement la rentabilité potentielle de Kiniero et conforte la stratégie d’investissement annoncée par Robex en avril 2025, lorsque la société indiquait vouloir consacrer jusqu’à 185 millions de dollars par an au développement du projet afin de le mener rapidement vers la production.
Un levier de recettes pour l’État guinéen
La mise en service de Kiniero constitue également une opportunité budgétaire pour la Guinée, qui cherche à renforcer la contribution du secteur minier industriel à ses finances publiques. L’État guinéen détient 15 % du capital de la mine, Robex conservant les 85 % restants.
À cela s’ajoutent des redevances minières de 5,5 % sur les ventes, ainsi que d’autres prélèvements fiscaux, dont un impôt sur les sociétés fixé à 30 %. Dans un pays où la production aurifère demeure encore largement dominée par l’artisanat, l’industrialisation progressive du secteur constitue un enjeu clé de formalisation et de mobilisation des recettes.
Une dynamique industrielle appelée à se poursuivre
Kiniero s’inscrit dans une nouvelle séquence de développement minier industriel en Guinée. Outre Kouroussa, d’autres projets majeurs avancent dans le pays. Parmi eux figure notamment Bankan, l’un des plus importants gisements aurifères découverts ces dernières années en Afrique de l’Ouest, pour lequel Predictive Discovery prévoit une décision finale d’investissement en 2026.
Avec la mise en production de Kiniero, la Guinée confirme ainsi son attractivité aurifère et sa capacité à attirer des capitaux miniers significatifs, dans un contexte mondial marqué par la recherche de nouvelles sources d’or et la montée en puissance des juridictions africaines dans la production mondiale.




