Nigeria : le marché des commercial papers explose en 2025, porté par la liquidité & la confiance des investisseurs

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Le marché nigérian des instruments de dette à court terme a connu une accélération spectaculaire en 2025. Tirée par un recours massif aux commercial papers, cette dynamique reflète à la fois des besoins accrus de financement des entreprises, une liquidité renforcée et un regain de confiance des investisseurs, selon la Securities and Exchange Commission (SEC).

Entre avril et octobre 2025, plus de 753 milliards de nairas (environ 519 millions de dollars) ont été levés sur ce segment, a indiqué le régulateur des marchés financiers. Sur une période plus large, de janvier à juillet, les émissions de commercial papers ont atteint 1 580 milliards de nairas, contre 763,4 milliards sur la même période en 2024, soit une hausse de 107 % en glissement annuel.

Les commercial papers, levier clé de financement à court terme

Instrument de dette non garantie, le commercial paper permet aux entreprises de mobiliser rapidement des ressources pour leurs besoins de trésorerie, généralement sur des maturités inférieures à 270 jours. Dans un environnement où le coût du crédit bancaire reste élevé, ces titres apparaissent comme une alternative de plus en plus attractive pour les émetteurs bien notés.

Selon la SEC, la forte progression des émissions traduit un appétit soutenu des investisseurs, combiné à une amélioration de la liquidité sur le marché domestique. Le directeur général de l’institution, Emomotimi Agama, souligne que ce segment est resté « l’un des plus dynamiques » du marché des capitaux nigérian, en soutenant le financement de secteurs clés tels que l’industrie manufacturière, l’agriculture et l’énergie.

Un marché des capitaux à des niveaux historiques

La montée en puissance des instruments de dette à court terme s’inscrit dans une tendance plus large de croissance du marché financier nigérian. D’après la SEC, la capitalisation totale du marché approche désormais les 150 000 milliards de nairas, un niveau historique.

Au-delà des commercial papers, le marché obligataire a également été marqué en 2025 par plusieurs opérations structurantes. Parmi elles figurent notamment un véhicule de financement climatique de 500 milliards de nairas, ainsi qu’une émission obligataire de 200 milliards de nairas par Elektron Finance. Ces opérations illustrent, selon le régulateur, l’intérêt croissant pour les financements liés aux infrastructures et à la finance durable.

Un contexte macro-financier plus favorable

Le regain d’activité sur le marché des titres de créance intervient dans un environnement macroéconomique jugé plus favorable. La révision à la hausse de la note souveraine du Nigeria et la sortie du pays de la liste grise du GAFI ont constitué des signaux positifs pour les investisseurs, en améliorant la perception du risque et la crédibilité du cadre réglementaire.

Interrogé sur la forte volatilité observée en novembre, lorsque la Bourse nigériane a perdu plusieurs milliers de milliards de nairas de capitalisation, Emomotimi Agama évoque principalement des prises de bénéfices, des incertitudes liées à un projet de hausse de la fiscalité sur les plus-values, ainsi que des facteurs internationaux. Il assure toutefois que le marché a depuis amorcé un rebond, soutenu par des clarifications en matière de politique économique.

Des réformes structurelles pour soutenir la liquidité

La SEC met également en avant les réformes techniques engagées pour améliorer le fonctionnement du marché. Le cycle de règlement-livraison, récemment ramené de T+3 à T+2, vise à renforcer la liquidité et à réduire les risques opérationnels. À moyen terme, l’objectif affiché est d’évoluer vers un règlement en T+1, voire en temps réel, afin d’aligner le marché nigérian sur les standards internationaux.

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