Dans son adresse à la Nation du 31 décembre 2025, le président ivoirien Alassane Ouattara a livré un message largement structuré autour des performances économiques du pays et des priorités à venir. À l’approche de la fin de son troisième mandat, le chef de l’État a mis en avant la résilience de l’économie ivoirienne, tout en reconnaissant les pressions persistantes sur le pouvoir d’achat et l’emploi.
Sur le plan macroéconomique, le président a rappelé que la Côte d’Ivoire reste l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique subsaharienne. En 2025, la croissance du PIB est estimée autour de 6 %, portée par l’agriculture, les services et les investissements publics. Depuis 2011, la croissance moyenne annuelle dépasse 7 %, un rythme qui a permis au pays de doubler la taille de son économie en un peu plus d’une décennie.
L’inflation, qui avait fortement progressé entre 2022 et 2023 sous l’effet des chocs internationaux, a poursuivi sa décrue en 2025 pour se stabiliser autour de 3,5 %, proche du critère de convergence de l’UEMOA. Une évolution que le président attribue aux mesures de régulation des prix, aux subventions ciblées sur l’énergie et les produits de première nécessité, ainsi qu’à l’amélioration des chaînes d’approvisionnement.
Alassane Ouattara a également insisté sur la solidité relative des finances publiques. Le déficit budgétaire devrait rester contenu autour de 4,5 % du PIB en 2025, dans un contexte de poursuite des investissements structurants. Le ratio dette publique/PIB est estimé à environ 56 %, un niveau jugé soutenable par les institutions financières internationales et inférieur à la moyenne de plusieurs pays comparables de la région.
L’investissement public demeure l’un des moteurs centraux de la stratégie économique. Le président a cité les avancées dans les infrastructures de transport, d’énergie et d’eau, notamment l’expansion du réseau autoroutier, la modernisation du port d’Abidjan et la montée en puissance des capacités de production électrique. Ces projets visent à soutenir la compétitivité logistique du pays et à accompagner l’industrialisation.
Sur le front de l’emploi, le chef de l’État a reconnu que la création de postes reste un défi majeur, malgré les progrès enregistrés. Plus de 3 millions d’emplois auraient été créés depuis 2011, selon les chiffres officiels, mais la pression démographique continue d’alimenter la demande de travail, en particulier chez les jeunes. Le gouvernement mise désormais sur l’accélération de l’industrialisation, la transformation agricole et le développement des PME pour absorber cette main-d’œuvre croissante.
Le discours a également mis l’accent sur l’agriculture, pilier historique de l’économie ivoirienne. Le président a rappelé les efforts engagés pour améliorer les revenus des producteurs de cacao, de café, d’anacarde et d’hévéa, tout en soulignant la nécessité d’accélérer la transformation locale. En 2025, les exportations agricoles transformées représentent une part croissante des recettes, avec l’ambition affichée de réduire progressivement la dépendance aux matières premières brutes.
S’agissant du climat des affaires, Alassane Ouattara a réaffirmé l’engagement de l’État à préserver un cadre macroéconomique stable et attractif pour les investisseurs. La Côte d’Ivoire demeure l’un des premiers récipiendaires d’investissements directs étrangers en Afrique de l’Ouest, portée par des réformes administratives, fiscales et judiciaires engagées depuis plus d’une décennie.
Enfin, le président a projeté l’année 2026 comme une étape de consolidation. Les priorités annoncées portent sur la poursuite des investissements structurants, le renforcement du capital humain à travers l’éducation et la santé, ainsi que la montée en gamme de l’économie industrielle. Dans un environnement international incertain, marqué par le resserrement des conditions financières et les tensions géopolitiques, Abidjan entend capitaliser sur sa stabilité macroéconomique pour maintenir sa trajectoire de croissance.
À travers ce message de fin d’année, Alassane Ouattara a ainsi cherché à conforter l’image d’une Côte d’Ivoire économiquement solide et résiliente, tout en reconnaissant que les défis sociaux et structurels restent au cœur de l’agenda économique des années à venir.




