Liberia : le gouvernement veut tripler les revenus miniers et énergétiques d’ici 2029

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Avec des exportations minières estimées à 1,16 milliard de dollars en 2023, le Liberia dispose encore d’une marge de progression significative dans la valorisation de ses ressources naturelles. Le gouvernement entend désormais faire du secteur minier et énergétique l’un des piliers centraux de ses finances publiques.

Une ambition chiffrée : plus de 3 milliards de dollars par an

Les autorités libériennes ont dévoilé un plan stratégique couvrant la période 2025-2029, avec pour objectif de porter les recettes annuelles issues des ressources naturelles à plus de 3 milliards de dollars. Une trajectoire ambitieuse pour un pays où l’exploitation minière reste en deçà de son potentiel fiscal et économique, malgré des réserves importantes d’or et de minerai de fer encore inexploitées.

Présentée fin décembre 2025 à Monrovia par le ministère des Mines et de l’Énergie, cette feuille de route vise à renforcer la contribution du secteur extractif au budget national, dans un contexte de contraintes budgétaires persistantes.

Mise à jour des données géologiques et montée en compétence

L’un des axes structurants du plan repose sur la modernisation des connaissances géologiques nationales. Selon les informations relayées par la presse locale, le Liberia prévoit de mettre à jour des données datant pour certaines de 1972, en s’appuyant sur des partenariats techniques avec la France, la Chine et les États-Unis.

Pour les autorités, l’amélioration de la qualité et de la fiabilité des données géologiques constitue un préalable essentiel à l’attraction d’investissements miniers à grande échelle, notamment dans l’or et le fer.

Digitalisation et recentrage de la stratégie fiscale

Le ministère des Mines et de l’Énergie ambitionne également de numériser 80 % de ses procédures administratives d’ici 2029, contre environ 40 % aujourd’hui. Cette transformation vise à améliorer la transparence, réduire les délais et sécuriser les flux de recettes.

Sur le plan fiscal, le gouvernement souhaite réduire sa dépendance aux seules redevances minières. Il entend accroître sa participation directe au capital des projets miniers, un levier prévu par la législation en vigueur qui autorise l’État à détenir gratuitement entre 10 % et 15 % des participations dans les projets extractifs.

Structuration du secteur artisanal

Le plan stratégique accorde également une place importante à l’exploitation artisanale et à petite échelle (ASM). Les autorités ambitionnent de doubler le nombre de mineurs agréés d’ici 2029, pour atteindre environ 1 000 opérateurs, contre près de 500 actuellement, et de structurer le secteur autour de 15 coopératives.

Cette formalisation vise à améliorer la traçabilité de la production, sécuriser les recettes fiscales et mieux intégrer l’ASM dans l’économie formelle. L’ensemble du programme devrait mobiliser un investissement global estimé à 39,5 millions de dollars, avec notamment l’appui de la Banque africaine de développement.

Un secteur encore largement minier

À ce stade, le secteur extractif libérien reste essentiellement minier, le pays n’ayant pas réussi à lancer de production pétrolière commerciale depuis plus de deux décennies. En septembre 2025, plusieurs blocs d’exploration ont toutefois été attribués à TotalEnergies, dans l’espoir de relancer la recherche d’hydrocarbures offshore.

En attendant d’éventuelles découvertes, les mines demeurent le principal moteur des exportations extractives. Selon le dernier rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), publié en décembre 2025, les exportations minières du Liberia ont atteint 1,16 milliard de dollars en 2023. Elles sont dominées par l’or (48,82 %) et le minerai de fer (35,68 %), les diamants ne représentant qu’une part marginale.

Un pari sur la capacité d’exécution

Alors que le gouvernement affiche l’objectif de tripler les revenus extractifs d’ici 2029, les autorités n’ont pas encore détaillé la contribution attendue de chaque produit minier. La réussite de cette stratégie dépendra à la fois de la capacité à attirer des investissements, de la mise en œuvre effective des réformes annoncées et de la stabilité du cadre réglementaire.

« Le secteur des mines et de l’énergie peut contribuer de manière significative à notre budget national, à hauteur de plus de trois milliards de dollars, si nous investissons dans les domaines où les rendements seront les plus élevés », a déclaré Matenokay Tingban, ministre des Mines et de l’Énergie.

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