Le Togo s’est doté d’une nouvelle feuille de route pour approfondir son processus de décentralisation. Réunie le mercredi 24 décembre 2025, le Conseil des ministres a approuvé la Politique nationale de la décentralisation couvrant la période 2025-2034, un cadre stratégique destiné à consolider la gouvernance territoriale et à renforcer le rôle économique des collectivités locales.
Selon le communiqué officiel, ce document vise à « consolider la gouvernance locale, renforcer les capacités des collectivités territoriales et approfondir le processus de décentralisation au service du développement local et de la participation citoyenne ». Il s’inscrit dans la continuité de la feuille de route gouvernementale et répond aux recommandations issues de la cinquième réunion du Conseil national de la décentralisation tenue en novembre 2022.
Engagé de manière opérationnelle depuis 2019, avec l’élection des conseillers municipaux et l’installation des nouvelles communes, le processus de décentralisation a marqué une étape importante dans l’organisation institutionnelle du pays. Pour les autorités, il constitue un levier de démocratisation et de développement local. Dans les faits, toutefois, l’exercice effectif des compétences transférées reste freiné par des limites structurelles, notamment en matière de financement, de capacités techniques et de coordination entre l’État central et les collectivités.
La nouvelle politique entend précisément corriger ces faiblesses. Elle vise à améliorer le transfert des ressources, à renforcer les capacités administratives et financières des communes et à créer un environnement plus favorable à la mise en œuvre de projets locaux. D’un point de vue économique, l’enjeu est de permettre aux collectivités de jouer un rôle plus actif dans l’aménagement du territoire, l’accès aux services publics de proximité et la mobilisation des ressources locales.
Le Togo compte aujourd’hui 117 communes, réparties au sein de 39 préfectures et de cinq régions administratives. Dans un contexte de contraintes budgétaires, la réussite de cette nouvelle phase de la décentralisation dépendra en grande partie de la capacité de l’État à accompagner financièrement les collectivités, mais aussi à clarifier les mécanismes de coordination et de redevabilité.
Ce chantier est suivi de près par plusieurs partenaires techniques et financiers, qui y voient un facteur clé de soutenabilité des politiques publiques et d’inclusion territoriale. À l’horizon 2034, l’enjeu pour Lomé sera de transformer cette ambition institutionnelle en résultats économiques tangibles au niveau local, condition essentielle pour crédibiliser durablement la décentralisation comme outil de développement.




