Au Nigeria, la production d’électricité a commencé à se redresser après la remise en service de l’approvisionnement en gaz sur le corridor stratégique Lagos–Escravos, selon le Nigerian Independent System Operator (NISO), en charge de la gestion du réseau électrique national. Cette reprise progressive intervient après plusieurs jours de perturbations consécutives à un incident majeur sur le gazoduc.
Mi-décembre, une explosion sur le pipeline Lagos–Escravos avait endommagé les infrastructures de transport de gaz, provoquant une réduction brutale des volumes livrés aux centrales thermiques. L’incident avait immédiatement affecté la production d’électricité, déjà structurellement contrainte par des difficultés d’approvisionnement et de maintenance.
Les travaux de réparation ont été conduits par la Nigeria Gas Infrastructure Company (NGIC), filiale de la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd), responsable des infrastructures gazières. Selon le NISO, la remise en service du tronçon endommagé permet désormais un retour progressif des flux de gaz, avec une montée en charge prudente afin d’éviter tout déséquilibre sur le réseau électrique.
Plusieurs centrales thermiques alimentées par le gaz du corridor Lagos–Escravos ont ainsi pu accroître leur production, contribuant à une amélioration graduelle de l’offre d’électricité sur le réseau national. Les autorités soulignent toutefois que cette reprise reste encadrée, la stabilité du système demeurant une priorité dans un contexte de fragilité persistante.
Le Nigeria reste en effet fortement dépendant du gaz naturel pour sa production d’électricité. Fin 2024, la capacité installée dépassait 14 000 mégawatts, selon la Nigerian Electricity Regulatory Commission (NERC). Dans les faits, la puissance effectivement injectée sur le réseau s’est limitée à environ 4 800 mégawatts en moyenne sur l’année, en raison de contraintes récurrentes liées à l’approvisionnement en gaz, à l’état des infrastructures et aux enjeux de sécurité.
L’épisode du gazoduc Lagos–Escravos illustre une nouvelle fois la vulnérabilité du système électrique nigérian aux aléas touchant la chaîne gazière. Pour les autorités, la normalisation de l’approvisionnement devrait permettre une stabilisation de la production à court terme, sous réserve de l’absence de nouveaux incidents.
À plus long terme, cet événement renforce les enjeux autour de la sécurisation des infrastructures énergétiques et de la diversification du mix électrique. Le Nigeria s’est fixé un objectif ambitieux de 30 000 mégawatts de capacité de production à l’horizon 2030, une trajectoire qui reste étroitement conditionnée à la fiabilité de l’approvisionnement en gaz et à la modernisation du réseau.




