Nigeria : un plan d’accélération pour viser une économie à 1 000 milliards $ d’ici 2036

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Le Nigeria affiche une ambition économique de long terme assumée. Avec son nouveau plan d’accélération de la croissance, le gouvernement fédéral entend placer la première économie d’Afrique sur une trajectoire menant à un produit intérieur brut de 1 000 milliards de dollars d’ici 2036, une étape intermédiaire vers l’objectif plus large de devenir une économie développée à l’horizon 2050.

Dévoilée le 3 janvier, cette feuille de route s’inscrit dans la deuxième phase des réformes économiques engagées par le président Bola Ahmed Tinubu. Après une période marquée par des ajustements difficiles – notamment la libéralisation du taux de change et la suppression des subventions sur les carburants – l’exécutif veut désormais passer d’une logique de stabilisation macroéconomique à une dynamique d’expansion.

Selon la ministre d’État aux Finances, Doris Uzoka-Anite (photo), le plan repose sur un recentrage des politiques publiques autour de la création d’emplois, de la stimulation de l’investissement privé et d’une meilleure coordination entre politiques budgétaires et monétaires. L’objectif est de restaurer la confiance des investisseurs, dans un environnement économique encore fragilisé par une inflation supérieure à 20 %, la volatilité du naira et un taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes.

La stratégie cible plusieurs secteurs jugés structurants pour la transformation de l’économie nigériane. L’énergie, l’agroalimentaire, l’industrie manufacturière, le logement, la santé, le numérique, les industries créatives, la logistique et les minéraux solides figurent au cœur des priorités. Pour le gouvernement, ces segments concentrent le plus fort potentiel de gains de productivité et de création d’emplois durables, dans un pays de plus de 200 millions d’habitants confronté à des besoins massifs en infrastructures et en services sociaux.

Malgré ses importantes ressources pétrolières et gazières, le Nigeria reste vulnérable à la dépendance aux hydrocarbures. Les autorités reconnaissent que la montée en puissance des secteurs non pétroliers progresse, mais demeure entravée par des contraintes structurelles persistantes, notamment l’insuffisance des compétences techniques, les déficits logistiques et la fragilité du climat des affaires.

Dans ce contexte, l’exécutif mise aussi sur le capital humain. En décembre 2025, un vaste programme d’enseignement et de formation techniques et professionnels a été lancé, avec pour ambition de former 1,3 million de jeunes aux compétences recherchées par l’industrie. Une initiative conçue comme un complément essentiel aux réformes macroéconomiques, afin de réduire le décalage entre l’offre de travail et les besoins du secteur productif.

À moyen terme, la réussite de ce plan dépendra de la capacité du Nigeria à maintenir la discipline macroéconomique, à contenir l’inflation et à attirer durablement des investissements productifs, dans un environnement régional et international plus incertain. Pour Abuja, l’enjeu dépasse la seule croissance : il s’agit de transformer cette expansion en amélioration tangible du niveau de vie et de poser les fondations d’un passage progressif au statut de pays à revenu intermédiaire supérieur, puis à celui d’économie avancée à l’horizon 2050.

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