Former une jeunesse qualifiée, connectée et compétitive à l’échelle internationale constitue l’un des piliers du programme Simandou 2040. Dans cette optique, les autorités guinéennes misent sur le numérique pour moderniser l’enseignement supérieur et renforcer le capital humain.
Fin décembre 2025, la Guinée a officiellement lancé le projet Univ Connect, un programme d’interconnexion par fibre optique des institutions d’enseignement supérieur (IES). La cérémonie s’est tenue sous la présidence de la ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Rose Pola Pricemou. Le projet est piloté par l’Agence nationale du service universel des télécommunications et du numérique (ANSUTEN).
L’objectif est clair : doter les campus guinéens d’un accès Internet haut débit, stable et sécurisé, afin de rapprocher l’enseignement supérieur national des standards internationaux. « Cette initiative constitue une étape déterminante dans l’accompagnement de l’évolution numérique du secteur éducatif en Guinée », a indiqué l’ANSUTEN, soulignant l’enjeu stratégique du projet pour la qualité des services académiques.
Un réseau universitaire national en construction
Sur le plan opérationnel, 13 sites universitaires sont déjà raccordés à la fibre optique nationale. Parmi eux, 9 sont pleinement fonctionnels, tandis que 4 sont en phase finale de mise en service. Quatre autres établissements sont annoncés dans la prochaine phase de déploiement. À terme, Univ Connect doit relier 17 institutions d’enseignement supérieur, publiques et privées, afin de constituer un véritable réseau universitaire haut débit à l’échelle du pays.
Au-delà de la connectivité, l’ambition est de créer une infrastructure mutualisée permettant le partage de ressources pédagogiques, la modernisation des services administratifs et l’amélioration des conditions de recherche. Le projet doit notamment faciliter l’accès aux bibliothèques numériques, aux plateformes d’apprentissage en ligne et aux bases de données scientifiques internationales.
Pour près de 80 000 enseignants, chercheurs et étudiants, l’interconnexion ouvre la voie à de nouveaux usages : cours hybrides, visioconférences, collaboration interuniversitaire, accès à des outils numériques avancés et hébergement d’applications pédagogiques. À moyen terme, ce socle numérique pourrait également soutenir l’émergence de plateformes nationales de recherche et d’innovation.
Un levier de compétitivité du capital humain
Univ Connect s’inscrit pleinement dans la stratégie de transformation économique portée par Simandou 2040, qui ne se limite pas aux infrastructures minières et industrielles, mais intègre la formation des compétences comme condition de réussite. En améliorant l’environnement numérique des universités, les autorités entendent renforcer l’employabilité des diplômés et leur reconnaissance sur le marché international du travail.
Dans un contexte où la demande mondiale en compétences numériques, scientifiques et techniques s’accélère, la modernisation de l’enseignement supérieur apparaît comme un levier essentiel pour positionner la Guinée sur des segments à plus forte valeur ajoutée.
Des défis de durabilité à relever
Si la fibre optique constitue un socle structurant, les autorités reconnaissent que son impact dépendra de plusieurs facteurs clés. La maintenance des équipements, la robustesse des réseaux internes aux campus, la disponibilité énergétique et la mise en place de standards solides de cybersécurité seront déterminants pour la pérennité du dispositif.
Autrement dit, Univ Connect marque une avancée stratégique, mais son succès à long terme reposera sur une gouvernance durable et des investissements continus. À ce prix, le numérique pourra pleinement jouer son rôle de catalyseur dans la formation d’une main-d’œuvre guinéenne qualifiée, connectée et compétitive à l’échelle internationale.




