Alors que sa signature a été fragilisée par une dégradation de notation en fin d’année, Ecobank Nigeria a pris les devants sur le front de la dette. La banque a annoncé, le mardi 6 janvier 2026, avoir procédé au remboursement anticipé de plus de 80 % de son Eurobond de 300 millions de dollars arrivant à échéance en février 2026.
Dans le détail, environ 245 millions de dollars ont été rachetés par anticipation, ramenant l’encours obligataire restant à 55,1 millions de dollars. Les titres concernés sont des obligations senior de participation, assorties d’un taux d’intérêt annuel de 7,125 %.
Pour mener cette opération, Ecobank Nigeria avait lancé le 27 novembre 2025 une offre publique de rachat (OPR) portant initialement sur la moitié de l’emprunt. Les investisseurs ont pu y participer jusqu’au 11 décembre pour la première clôture, puis jusqu’au 29 décembre pour la seconde. Les porteurs ayant accepté l’offre ont perçu 1 000 dollars par obligation de 1 000 dollars de nominal, auxquels se sont ajoutés les intérêts courus jusqu’au 31 décembre 2025.
Un message de solidité envoyé aux marchés
Cette initiative intervient dans un contexte de vigilance accrue des investisseurs. En novembre 2025, S&P Global Ratings avait abaissé la note de crédit à long terme d’Ecobank Nigeria de CCC- à CC, avec perspective négative. L’agence évoquait alors un niveau de capital jugé insuffisant, une part élevée de prêts non performants et un risque accru autour du remboursement de l’Eurobond de février 2026.
En procédant à ce remboursement massif avant l’échéance, la filiale nigériane du groupe Ecobank cherche à désamorcer le principal point de tension identifié par les agences de notation, tout en allégeant significativement ses engagements à court terme. L’opération permet également de réduire le risque de refinancement en devises, dans un environnement nigérian marqué par la volatilité du naira et la rareté du dollar.
Sur le plan bilanciel, cette décision contribue à améliorer le profil de maturité de la dette, à réduire la pression sur la liquidité en 2026 et à renforcer la crédibilité de la banque vis-à-vis de ses créanciers internationaux.
Si la dégradation de notation reflète des fragilités structurelles persistantes, le choix d’un remboursement anticipé de cette ampleur apparaît comme un signal fort de gestion proactive du risque, dans un contexte où les marchés restent attentifs à la capacité des banques nigérianes à honorer leurs engagements extérieurs.




