À moins de trois mois de la date butoir fixée par la Banque centrale du Nigeria (CBN), plusieurs grandes banques nigérianes accélèrent leur recapitalisation. Fidelity Bank et First Bank of Nigeria ont confirmé, début janvier 2026, avoir atteint le nouveau seuil de fonds propres exigé pour les établissements disposant d’une licence bancaire internationale.
Fidelity Bank a annoncé le 6 janvier avoir levé 259 milliards de nairas (environ 181,7 millions de dollars) à l’issue d’un placement privé d’actions ordinaires finalisé fin décembre 2025. Cette opération porte son capital éligible à 564,5 milliards de nairas, au-delà du minimum réglementaire de 500 milliards de nairas requis par la CBN pour les banques à vocation internationale.
Cette levée vient compléter les opérations menées en 2024, au cours desquelles Fidelity Bank avait déjà mobilisé 175,85 milliards de nairas via une offre publique et une émission de droits réservée à ses actionnaires. À l’issue de ces premières opérations, le capital éligible s’élevait à 305,5 milliards de nairas, laissant encore près de 195 milliards de nairas à réunir pour satisfaire pleinement aux exigences du régulateur.
First Bank également conforme aux nouvelles exigences
First Bank of Nigeria, filiale bancaire de First HoldCo Plc, a pour sa part confirmé le 5 janvier 2026 avoir atteint le seuil de fonds propres exigé par la CBN. La recapitalisation de la banque a reposé sur une combinaison de leviers, incluant une augmentation de capital par émission de droits, un placement privé, ainsi que les ressources issues de la cession de sa filiale de banque d’affaires.
Avec cette annonce, First Bank rejoint le groupe des établissements ayant déjà sécurisé leur conformité réglementaire, alors que l’échéance du 31 mars 2026 se rapproche.
Une course contre la montre pour le secteur bancaire
Ces annonces s’inscrivent dans le cadre du vaste programme de recapitalisation du secteur bancaire nigérian, lancé en novembre 2023 et formalisé par des directives publiées le 28 mars 2024 par la Banque centrale. Le dispositif prévoit des seuils de capital différenciés selon le type de licence bancaire, afin d’aligner la solidité financière des établissements sur l’ampleur de leurs activités, notamment à l’international.
Selon le gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso, 16 banques avaient déjà atteint ou dépassé les nouveaux seuils de capital à fin novembre 2025, tandis que plusieurs autres se trouvaient à un stade avancé du processus.
L’objectif affiché par les autorités monétaires est de renforcer la résilience du système bancaire, améliorer sa capacité d’absorption des chocs et accroître son rôle dans le financement de l’économie nigériane, dans un contexte marqué par une inflation élevée, la volatilité du naira et des besoins croissants en capitaux pour soutenir la croissance.
À l’approche de l’échéance de mars 2026, les prochaines semaines seront déterminantes pour les établissements qui n’ont pas encore finalisé leur recapitalisation.




