Au Niger, où la mine de la Somaïr, nationalisée en juin 2025, reste à ce stade le seul site d’exploitation d’uranium en activité, de nouveaux projets pourraient venir renforcer l’offre nationale à moyen terme. Parmi eux figure Dasa, porté par la compagnie minière canadienne Global Atomic, considérée comme la prochaine mine potentielle du pays.
Dans une note publiée le lundi 12 janvier, Global Atomic a annoncé son intention de lancer un placement privé pouvant atteindre 50 millions de dollars canadiens (environ 36 millions USD). L’opération, dont la clôture est attendue d’ici le 22 janvier, vise à soutenir l’avancement du projet Dasa, situé dans le nord du Niger.
Le placement porte sur l’émission de plus de 56 millions d’actions, proposées à un prix unitaire de 0,88 dollar canadien. La transaction reste soumise aux autorisations réglementaires, notamment celle de la Bourse de Toronto, où la société est cotée. En cas de succès, cette levée permettrait à Global Atomic d’aborder l’exercice 2026 avec des ressources financières renforcées, dans la continuité d’une année 2025 déjà marquée par plusieurs opérations de marché.
Un projet capital-intensif encore en quête de financements structurants
Depuis plusieurs années, Global Atomic cherche à boucler le financement de la phase de construction de Dasa, dont le coût total est estimé à 424,6 millions USD. Parmi les options évoquées figurent un emprunt auprès d’une banque de développement américaine ainsi que l’entrée d’un nouveau partenaire stratégique au capital du projet, sans annonce concrète à ce stade. En attendant, la société multiplie les placements d’actions, après avoir déjà réalisé trois levées de fonds de plusieurs dizaines de millions de dollars en 2025.
Si l’affectation précise des nouveaux fonds n’a pas été détaillée, Global Atomic a indiqué avoir lancé des travaux préparatoires sur le site, notamment des opérations de terrassement et la construction de logements destinés au futur personnel de la mine. La mise en production est désormais attendue à l’horizon 2027, sous réserve de la sécurisation complète du financement et de la poursuite des travaux sans interruption.
Un enjeu stratégique pour l’uranium nigérien
Selon le plan minier communiqué par l’opérateur, le projet Dasa devrait produire 68,1 millions de livres d’uranium sur une durée de vie estimée à 23 ans. Global Atomic détient 80 % du projet, l’État nigérien conservant les 20 % restants, conformément au cadre minier en vigueur.
À terme, Dasa pourrait jouer un rôle clé dans la diversification et la relance de la production d’uranium du Niger, dans un contexte marqué par la reprise en main du secteur par l’État et par des incertitudes sur d’autres projets structurants. À titre d’exemple, le projet Madaouéla, opéré par GoviEx, reste à l’arrêt en raison d’un différend persistant avec les autorités nigériennes.
Dans ce contexte, la capacité de Global Atomic à mobiliser des financements suffisants et à maintenir le calendrier de développement de Dasa sera déterminante pour l’avenir du secteur uranifère nigérien.




