Mauritanie : gaz, solaire et éolien au cœur d’une montée en puissance stratégique du système électrique

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Face à un déficit d’accès à l’électricité qui concerne encore près de la moitié de sa population, la Mauritanie engage une transformation en profondeur de son système électrique. Le pays combine désormais gaz naturel, énergies renouvelables et capitaux privés pour sécuriser l’approvisionnement, accompagner la croissance urbaine et atteindre l’accès universel à l’horizon 2030.

Un pilier thermique adossé au gaz national

L’énergie thermique reste la colonne vertébrale de la stratégie de sécurisation du réseau.

  • À Nouakchott, la centrale thermique passera de 180 MW à 252 MW, renforçant immédiatement la capacité disponible dans la capitale.
  • Deux projets structurants au gaz sont programmés :
    • 225 MW à Ndiago, alimentés par le champ gazier GTA déjà en production,
    • 300 MW à partir du champ de Banda, dont l’exploitation est attendue en 2028.

Ce virage gazier vise à réduire la dépendance aux importations de carburants liquides, stabiliser les coûts de production et garantir une base pilotable indispensable à l’intégration massive des renouvelables.

Renouvelables : un saut d’échelle porté par le privé

En parallèle, la Mauritanie accélère fortement sur le solaire et l’éolien.

  • Une centrale hybride de 220 MW (solaire + éolien) avec 370 MWh de stockage a été lancée en décembre 2025, financée intégralement par le secteur privé.
  • Les renouvelables représentent déjà 44,36 % du mix électrique, et le pays vise 70 % à l’horizon 2030.

Cette combinaison production verte + stockage positionne la Mauritanie parmi les pionniers régionaux de l’électricité bas carbone à grande échelle.

Le réseau, maillon critique de la transition

La montée en puissance de la production s’accompagne d’un effort massif sur les infrastructures :

  • Ligne haute tension Nouakchott – Zouerate (mise en service prévue en 2026),
  • Appels d’offres pour la liaison Nouakchott – Néma,
  • Renforcement du réseau de distribution dans la capitale et les grandes villes.

Objectif : absorber la croissance rapide de la demande, réduire les pertes techniques et sécuriser l’alimentation des pôles économiques et miniers.

Une trajectoire alignée avec “Mission 300”

Dans le cadre de son Pacte National de l’Énergie, la Mauritanie s’est engagée à :

  • fournir l’électricité à 3,4 millions de personnes supplémentaires d’ici 2030,
  • atteindre 100 % d’accès (contre 55 % aujourd’hui),
  • multiplier par 1,66 sa capacité installée.

La stratégie mauritanienne illustre une approche pragmatique : gaz pour la sécurité énergétique, renouvelables pour la durabilité, réseau pour l’inclusion, et capital privé pour accélérer la transformation. Un triptyque qui positionne le pays comme l’un des laboratoires énergétiques les plus intéressants d’Afrique de l’Ouest.

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