Diezani Alison-Madueke de retour devant la justice britannique, plus de dix ans après son arrestation

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Plus d’une décennie après son interpellation à Londres, Diezani Alison‑Madueke, ancienne ministre nigériane du Pétrole et ex-présidente de OPEC, a comparu devant la Southwark Crown Court dans le cadre d’une procédure pour corruption et pots-de-vin.

Selon Agence France‑Presse, l’ex-ministre est apparue lundi 19 janvier lors d’audiences préliminaires consacrées à des questions techniques et à la sélection du jury, en amont du procès prévu le 26 janvier 2026. Il s’agit de la première comparution formelle depuis l’ouverture officielle du dossier au Royaume-Uni.


Des accusations liées à des contrats pétroliers

L’affaire est instruite par la National Crime Agency, qui a inculpé Alison-Madueke en août 2023. L’agence britannique l’accuse d’avoir reçu au moins 100 000 livres sterling (environ 125 000 dollars) en pots-de-vin, ainsi que divers avantages en nature — notamment des voitures avec chauffeur, des vols privés et l’usage de propriétés — en lien avec l’attribution de contrats pétroliers.

Ces poursuites s’inscrivent dans un contentieux international complexe, où plusieurs juridictions examinent des soupçons de corruption remontant à son passage au ministère du Pétrole au Nigeria.


Un dossier aux ramifications internationales

Au-delà de la procédure britannique, Alison-Madueke reste visée par plusieurs actions judiciaires portant sur des actifs distincts :

  • En janvier 2025, les États‑Unis et le Nigeria ont convenu du rapatriement de 52,88 millions de dollars d’actifs saisis dans des enquêtes de corruption impliquant l’ancienne ministre et ses associés.
  • En octobre 2022, une juridiction nigériane a ordonné la saisie définitive de biens (maisons et véhicules) estimés à environ 3 millions de dollars, dans le cadre de poursuites pour détournement de fonds publics, selon la EFCC.
  • En mai 2023, Alison-Madueke a intenté une action en diffamation, accusant les autorités nigérianes d’avoir entravé certaines procédures judiciaires pendant plusieurs années.

Un symbole des défis de gouvernance dans le secteur pétrolier

Première femme à avoir présidé l’OPEP, Diezani Alison-Madueke demeure une figure emblématique et controversée du secteur pétrolier africain. Son dossier illustre à la fois :

  • la complexité des enquêtes transnationales en matière de corruption ;
  • les enjeux de récupération des avoirs illicites ;
  • et les défis de transparence dans la gestion des ressources naturelles.

L’ouverture du procès en janvier 2026 pourrait marquer une étape clé dans l’un des dossiers de corruption les plus médiatisés de l’histoire récente du Nigeria, avec des implications potentielles sur la coopération judiciaire internationale et la gouvernance des industries extractives.

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