Depuis mai 2025, le Gold Board (GoldBod) est devenu l’unique régulateur du marché de l’or artisanal et à petite échelle (ASM) au Ghana. Dans le prolongement de cette réforme, l’institution franchit une nouvelle étape stratégique en structurant une chaîne locale de transformation de l’or, afin d’augmenter les retombées économiques nationales.
Le mardi 20 janvier, le GoldBod a signé un accord de raffinage avec la Gold Coast Refinery Company Limited, ouvrant la voie à la transformation locale de l’or issu de l’exploitation artisanale. Le partenariat est présenté comme un tournant majeur dans la stratégie du Ghana visant à accroître la valeur ajoutée de ses exportations aurifères.
Un premier accord local de raffinage adossé à l’État
Cet accord marque la première collaboration officielle entre le gouvernement ghanéen et une raffinerie nationale pour le traitement de l’or ASM.
À compter du 1er février, le GoldBod prévoit de livrer chaque semaine une tonne d’or brut (alliage contenant argent et impuretés) à la Gold Coast Refinery pour sa transformation en or raffiné.
Outre son rôle de régulateur, le GoldBod agit également comme acheteur et exportateur exclusif de l’or produit par les mineurs artisanaux. En 2025, ses activités ont généré environ 10 milliards USD de recettes d’exportation, illustrant le poids croissant du segment ASM dans l’économie ghanéenne.
Capter plus de valeur et réduire la dépendance extérieure
Jusqu’ici, une partie importante de l’or artisanal ghanéen était exportée à l’état brut, impliquant des coûts de raffinage à l’étranger et une perte de valeur ajoutée locale. Le partenariat avec la Gold Coast Refinery vise à retenir ces flux financiers dans l’économie nationale, tout en renforçant les capacités industrielles du pays.
L’accord prévoit également une participation gratuite de 15 % de l’État ghanéen dans le capital de la raffinerie, intégrant ainsi l’intérêt public dans la gouvernance du projet et ouvrant la voie à de revenus futurs sous forme de dividendes.
Au-delà des enjeux financiers, le projet devrait générer des emplois directs et indirects, contribuant à la structuration d’un écosystème local autour du raffinage, de la logistique et des services connexes.
Vers une certification internationale et une montée en gamme
Le partenariat est aussi conçu comme un levier pour positionner le Ghana sur le marché mondial de l’or certifié. L’objectif affiché est l’obtention d’une certification de la London Bullion Market Association (LBMA), un standard international garantissant la traçabilité, l’origine responsable et la conformité aux bonnes pratiques.
Dans cette optique, un partenariat technique est en cours entre la Gold Coast Refinery et la Rand Refinery, actuellement la seule raffinerie d’Afrique accréditée LBMA. Une telle reconnaissance renforcerait la crédibilité du Ghana sur les marchés internationaux et permettrait d’obtenir de meilleurs prix à l’exportation.
Un repositionnement stratégique dans la chaîne de valeur de l’or
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale plus large. Comme le Ghana, le Mali et d’autres producteurs ouest-africains cherchent à raffiner davantage leur or localement pour augmenter leurs revenus, limiter la contrebande et améliorer la transparence du secteur.
Le Ghana dispose déjà d’autres infrastructures de raffinage, notamment la Royal Ghana Gold Refinery, inaugurée en 2024. Reste à voir comment ces acteurs seront intégrés dans la nouvelle architecture institutionnelle pilotée par le GoldBod, et si cette stratégie permettra au pays de devenir un hub régional du raffinage de l’or.




