Alors que des habitants de plusieurs régions du Ghana se plaignent de coupures récurrentes d’électricité, les autorités affirment qu’aucun rationnement n’est en cours. Le ministre de l’Énergie, John Jinapor, a tenu à dissiper les inquiétudes, assurant que le pays dispose d’une capacité de production suffisante pour répondre à la demande actuelle.
À l’issue d’une réunion avec les agences clés du secteur énergétique, le 30 janvier 2026, le ministre a insisté sur le fait que le Ghana « n’a pas connu de délestage organisé depuis plus de dix mois » et qu’aucun déficit de production n’a été enregistré. Dans une publication sur Facebook, il a expliqué que les perturbations observées, notamment à Accra et Kumasi, sont liées à des difficultés opérationnelles au niveau de la distribution. Il a demandé aux opérateurs concernés de présenter une feuille de route détaillée pour résoudre ces dysfonctionnements dans les plus brefs délais.
Ces précisions interviennent dans un contexte où le secteur électrique ghanéen fait l’objet d’importantes réformes. En janvier 2026, le gouvernement a annoncé la mobilisation de 1,47 milliard de dollars pour régler les arriérés accumulés auprès des producteurs indépendants d’électricité et des fournisseurs de combustibles, qui fragilisaient l’équilibre financier du système. L’objectif est de restaurer la confiance des investisseurs et de stabiliser le secteur.
Parallèlement, les autorités entendent réduire significativement les coûts de production. En novembre 2025, la presse locale rapportait que le gouvernement vise une baisse d’environ 75 % grâce à un recours accru au gaz naturel, moins coûteux que les combustibles importés traditionnellement utilisés par les centrales thermiques. La stratégie repose sur une meilleure valorisation des ressources gazières domestiques pour soutenir une production plus compétitive.
Le pays accélère également la structuration de son secteur des énergies renouvelables. Le ministère de l’Énergie souhaite renforcer la gouvernance, mieux encadrer la croissance rapide du solaire et favoriser l’intégration d’autres sources renouvelables dans le mix électrique. En octobre 2025, John Jinapor rappelait les ambitions nationales : atteindre 10 % d’énergies renouvelables d’ici 2030, puis 50 % à l’horizon 2060, hors grandes centrales hydroélectriques, conformément au Renewable Energy Master Plan et aux stratégies de transition énergétique du Ghana.
Dans l’immédiat, les autorités sont appelées à rétablir rapidement une qualité de service stable pour dissiper les frustrations de la population. Mais au-delà des perturbations ponctuelles, le gouvernement assure que les fondamentaux du système électrique restent solides et que les réformes engagées doivent permettre, à terme, une distribution plus fiable et des coûts maîtrisés.




