Le projet de port minéralier de Bargny‑Sendou continue de prendre forme dans un contexte de profondes mutations du système logistique sénégalais. À l’issue d’une audience avec le président Bassirou Diomaye Faye, Senegal Minergy Port a annoncé que la mise en service de la plateforme est désormais attendue pour la fin de l’année 2026, soit plus d’un an après le calendrier initial qui visait septembre 2025.
Situé à environ vingt kilomètres au sud de Dakar, le futur port minéralier doit devenir l’un des nouveaux hubs stratégiques d’Afrique de l’Ouest, destiné à absorber la montée en puissance des filières extractives, à accompagner les besoins croissants en hydrocarbures et à désaturer le port autonome de Dakar, aujourd’hui au cœur de flux toujours plus importants.
Un hub régional structuré autour de trois terminaux

Le projet de Bargny-Sendou repose sur un schéma d’exploitation articulé autour de trois terminaux spécialisés :
- Un terminal pour les cargaisons liquides, incluant des installations de dépôt de produits pétroliers et de stockage de gaz, afin de répondre aux besoins énergétiques croissants du pays.
- Un terminal minier, dédié au phosphate, au fer, à la bauxite, au zircon et à d’autres minerais issus des filières extractives sénégalaises et régionales.
- Un terminal polyvalent, destiné à accueillir les céréales ensachées sur site, les oléagineux, les marchandises diverses, les activités de chaudronnerie ou encore la production de matériaux de construction.
Selon les estimations de SMP, le port devrait à terme afficher une capacité annuelle de 20 millions de tonnes, combinant minéraux, hydrocarbures et produits agricoles.
Ce volume ambitionné positionnerait Bargny-Sendou comme un outil structurant dans la stratégie d’infrastructures du Sénégal : un levier de modernisation logistique, mais aussi un support à la transformation économique et à l’émergence d’industries dérivées.
Une recomposition portuaire pilotée par l’État
Le développement de Bargny-Sendou s’inscrit dans un mouvement plus large de redéfinition du paysage portuaire national. En parallèle, le Sénégal mise également sur le gigantesque Port de Ndayane, considéré comme le premier port en eau profonde du pays. Son développement, d’un montant supérieur à 1 milliard USD, est confié au géant émirati DP World, et poursuit le même objectif : désencombrer Dakar et repositionner le Sénégal comme plateforme logistique régionale de référence.
Avec Bargny-Sendou et Ndayane, le pays engage ainsi une double transition :
celle d’une montée en gamme de ses infrastructures portuaires, et celle d’une optimisation de ses corridors logistiques pour soutenir des secteurs stratégiques — mines, hydrocarbures, agriculture et agro-industrie.




