Confronté à la saturation chronique de ses routes et à des coûts logistiques qui freinent la compétitivité nationale, le Ghana remet le rail au centre de sa stratégie d’infrastructures. La Ghana Railway Development Authority (Ghana Railway Development Authority (GRDA)) a présenté le Ghana Railway Master Plan 2026, un nouveau cadre destiné à transformer un secteur longtemps en retrait, mais crucial pour les échanges intérieurs et régionaux.
Le document, dévoilé début février, ambitionne de relier les principales villes du pays et de créer des alternatives solides au transport routier, aussi bien pour les voyageurs que pour les marchandises. Le plan mise largement sur les partenariats public-privé, un levier que les autorités considèrent essentiel pour mobiliser plusieurs milliards de dollars d’investissements, tout en générant des milliers d’emplois directs et indirects.
Le fret occupe une place centrale dans la stratégie. Les corridors ferroviaires projetés doivent faciliter l’acheminement du manganèse, de la bauxite, du fer et d’autres minerais en vrac, un enjeu majeur pour les régions minières confrontées à des routes surchargées et coûteuses. Le plan vise également une meilleure connexion logistique des bassins agricoles, notamment ceux du cacao, afin de réduire les pertes post-récolte et d’améliorer la compétitivité des exportations.
L’initiative intervient dans un contexte marqué par les limites persistantes des précédents programmes ferroviaires. Malgré plusieurs annonces depuis une décennie, le Ghana reste massivement dépendant de la route, en particulier autour d’Accra et du port de Tema, où les engorgements entraînent des surcoûts significatifs pour l’économie. Le nouveau plan directeur ambitionne de rompre avec cette tendance.
Le pays avait déjà lancé, sous l’administration du président Nana Akufo-Addo, un programme ferroviaire couvrant la période 2020-2035, prévoyant la construction de 4 000 km de voies, avec une ouverture stratégique vers le Burkina Faso, grand utilisateur du port de Tema. Mais selon les autorités, 75 % de ce linéaire restent encore à construire, révélant l’ampleur des défis financiers, techniques et institutionnels.
Avec le Ghana Railway Master Plan 2026, Accra veut passer du stade de la planification à celui de l’exécution, en confiant une part majeure du développement à des acteurs privés capables d’apporter expertise, capitaux et discipline industrielle. Reste désormais à transformer cette volonté politique en chantiers effectifs, dans un pays où la relance du rail est un serpent de mer depuis plus de vingt ans.




