Premier marché de consommation laitière en Afrique de l’Ouest, le Nigeria cherche à réduire sa forte dépendance aux importations en misant sur une montée en puissance de sa production locale. Dans cette dynamique, le gouvernement de l’Gombe State a signé, le 3 février, un protocole d’accord avec la société néo-zélandaise Livestock Improvement Corporation (LIC), spécialisée dans l’innovation agricole et l’amélioration génétique du bétail.
L’accord a été conclu à Hamilton, en Nouvelle-Zélande, à l’issue d’une visite officielle de deux jours menée par une délégation de l’État de Gombe. Selon les autorités, ce partenariat doit poser les bases d’une modernisation profonde des systèmes d’élevage locaux.
Les engagements portent sur l’introduction de systèmes modernes de gestion des troupeaux, la diffusion de méthodes d’élevage durables et climato-intelligentes, ainsi que le renforcement des capacités techniques et institutionnelles des acteurs locaux, via des programmes de formation et des échanges de connaissances.
Le protocole prévoit également un cadre de recherche conjointe, incluant des collaborations potentielles avec l’Université de Gombe. Des pistes sont à l’étude dans les domaines de la génétique et de la biotechnologie, avec la possibilité — sous réserve d’approbations réglementaires — d’introduire des caractéristiques génétiques bovines et laitières néo-zélandaises à haute performance dans les troupeaux nigérians.
La New Zealand est aujourd’hui l’un des leaders mondiaux de l’industrie laitière, avec en moyenne 20,3 millions de tonnes de produits laitiers exportés chaque année entre 2021 et 2023, selon la FAO. Sa maîtrise des technologies de reproduction, de sélection génétique et de gestion de troupeaux constitue un atout majeur pour les pays cherchant à moderniser leur filière.
Ce partenariat intervient alors qu’Abuja a fixé un objectif ambitieux : doubler la production laitière nationale pour atteindre 1,4 million de tonnes d’ici 2030. En juin 2025, le gouvernement fédéral a annoncé vouloir mobiliser le secteur privé et des partenaires internationaux pour parvenir à ce résultat.
Un premier jalon a été posé le 29 novembre dernier dans l’État d’Adamawa, avec la tenue du premier Conseil national pour le développement de l’élevage, réunissant les États fédérés et les acteurs de la filière. Cette instance est chargée de coordonner les politiques, d’harmoniser les stratégies d’investissement et de consolider les partenariats techniques — un signal du rôle désormais stratégique attribué à la filière laitière dans l’économie nigériane.
L’accord signé par l’État de Gombe avec LIC pourrait ainsi servir de modèle aux autres États producteurs, dans un pays où l’essentiel du lait consommé reste importé, souvent sous forme de poudre. En misant sur l’innovation génétique et la professionnalisation des pratiques d’élevage, la fédération espère enclencher une transformation durable de son industrie laitière.




