Le Ghana entend accélérer la croissance de sa filière noix de coco, un segment stratégique de son agriculture. Le gouvernement ambitionne en effet de porter la superficie nationale consacrée à cette culture à 180 000 hectares d’ici 2028, soit le double du verger actuel. L’annonce a été faite le 6 février par Peter Boamah Otokunor, Directeur des Initiatives présidentielles en agriculture et agroindustrie (PIAA), et relayée par les médias locaux.
Déjà premier producteur africain de noix de coco, le Ghana consoliderait ainsi sa position sur un marché en expansion. Selon la Food and Agriculture Organization (FAO), la production ghanéenne a atteint 544 773 tonnes en 2024, un record représentant près de 24 % de la production africaine, estimée à 2,3 millions de tonnes. Cette dynamique place le pays au cœur de la transformation de la filière arboricole dans la sous-région ouest-africaine.
Un programme structurant lancé en 2025
L’ambition du gouvernement repose sur la Coconut Value Chain Development Initiative, un programme lancé en septembre 2025 et financé par la Ghana Exim Bank. Il prévoit la distribution de 11 millions de plants améliorés d’ici 2028, résistants aux maladies et sélectionnés pour leur productivité, au profit des agriculteurs dans 11 régions de production.
D’après les données officielles, 3 millions de plants ont déjà été distribués en 2025, avec un taux de survie estimé à 90 %. Ces variétés pourraient commencer à produire dès leur troisième année, permettant une montée en puissance rapide de la production nationale.
Le programme mise également sur le renforcement des capacités des producteurs. Une première formation a réuni, le 6 février à Kumasi, 500 agriculteurs et agents de vulgarisation des régions Ashanti et Western North, autour des meilleures pratiques agronomiques et de la gestion des plantations.
Une filière orientée vers l’exportation
Au-delà du renforcement de la production, l’objectif est aussi d’améliorer les performances à l’export. Selon les autorités, l’expansion des surfaces devrait permettre de faire progresser les recettes d’exportation de 60 %, atteignant 18,1 millions USD par an, contre 11,4 millions USD en 2024.
Le marché international est particulièrement porteur, porté par la demande en noix fraîches, huile de coco, eau de coco et coprah. En consolidant son leadership sur la matière première, le Ghana souhaite également inciter les investissements dans la transformation locale, un levier crucial pour la création de valeur ajoutée.




