La Bank of Industry (BoI) franchit une nouvelle étape dans la diversification de ses instruments financiers. L’institution a annoncé, le 10 février 2026, avoir reçu l’approbation de la Banque centrale du Nigeria (CBN) pour exploiter une fenêtre de banque islamique.
Cette décision lui permet désormais de proposer des produits conformes aux principes de la finance islamique, fondés sur le partage des risques et l’exclusion des intérêts (riba). Pour la BoI, il s’agit d’un levier stratégique destiné à élargir sa base d’investisseurs et de bénéficiaires, tout en répondant aux besoins d’entreprises peu desservies par les circuits de financement traditionnels.
Des instruments adaptés au financement productif
Grâce à cette autorisation, la BoI pourra offrir des produits tels que l’Ijara, une forme de crédit-bail adossé à un actif, et la Mudaraba, un contrat d’investissement reposant sur le partage des profits et des pertes entre la banque et l’entrepreneur.
Ces mécanismes permettent de financer des actifs productifs ou des matières premières sans recourir à des intérêts fixes, privilégiant une logique de partenariat. Selon le directeur général de la BoI, Olasupo Olusi, cette évolution renforcera la capacité de l’institution à soutenir des segments d’entreprises à fort impact, notamment les PME industrielles et les acteurs opérant en marge du système bancaire classique.
Au-delà de la conformité religieuse, l’ouverture de cette fenêtre islamique constitue un outil supplémentaire pour structurer des financements sur mesure, en phase avec les réalités du tissu entrepreneurial nigérian.
Un paysage financier en mutation
Le Nigeria autorise les services bancaires islamiques depuis plus d’une décennie. Jaiz Bank opère déjà en tant que banque islamique à part entière, tandis que d’autres établissements disposent de guichets spécialisés. Par ailleurs, l’État fédéral émet des sukuk souverains depuis 2017 pour financer des infrastructures, notamment routières.
L’entrée de la BoI dans ce segment élargit désormais la finance islamique au financement direct du secteur productif. Cette évolution renforce la diversification du système financier nigérian et ouvre la voie à des levées de fonds ciblées, en particulier auprès d’investisseurs sensibles aux principes de la finance participative.
Dans un contexte où une part importante de la population et des entreprises reste en dehors du système bancaire formel, cette initiative pourrait contribuer à l’inclusion financière et à la mobilisation de nouvelles ressources pour le développement industriel. Elle consolide également le rôle stratégique de la BoI comme bras financier de l’industrialisation au Nigeria.




