L’Afrique demeure le premier bassin mondial de production de cacao, représentant près de 70 % de l’offre globale en fèves. La dynamique du marché repose essentiellement sur quatre pays : la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun.
Côte d’Ivoire : une trajectoire en cloche
Premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire a connu une phase d’expansion rapide entre 2015/2016 et 2020/2021.
- 2015/2016 : ~1,58 million t
- 2020/2021 (pic) : 2,25 millions t
- 2021/2022 : 2,12 millions t
- 2022/2023 : 2,24 millions t
- 2023/2024 : 1,67 million t
La hausse initiale a été soutenue par la diffusion de plants améliorés à haut rendement et résistants aux maladies. Le recul récent s’explique principalement par des épisodes de sécheresse et des contraintes phytosanitaires accrues.
Prévision 2024/2025 : reprise modérée attendue si les conditions climatiques s’améliorent, avec un retour potentiel autour de 1,8 à 2 millions de tonnes, sous réserve de pluies favorables.
Ghana : un déclin marqué
Deuxième producteur mondial, le Ghana a enregistré une évolution plus instable.
- 2020/2021 (pic récent) : 1,05 million t
- 2021/2022 : 683 000 t
- 2022/2023 : 654 000 t
- 2023/2024 : 530 000 t
La chute est attribuée au vieillissement des plantations, aux effets climatiques et à la propagation du virus du Swollen Shoot.
Prévision 2024/2025 : légère stabilisation possible autour de 550 000 à 600 000 tonnes, sous réserve des efforts de réhabilitation des vergers.
Nigeria : progression graduelle
Le Nigeria affiche une trajectoire plus régulière :
- 2015/2016 : ~200 000 t
- 2023/2024 : ~350 000 t
La croissance repose sur l’extension des superficies et une meilleure organisation de la collecte.
Prévision 2024/2025 : poursuite de la progression vers 370 000 – 380 000 tonnes, en fonction des incitations à la production.
Prévision 2024/2025 : production attendue autour de 330 000 – 340 000 tonnes.
Lecture régionale
Entre 2015 et 2021, l’Afrique de l’Ouest a porté un cycle haussier mondial, contribuant à une offre abondante. Depuis 2022, la contraction des volumes en Côte d’Ivoire et surtout au Ghana a inversé la tendance, contribuant à la flambée des prix internationaux en 2024–2025.
Si les deux géants retrouvent une trajectoire de croissance, le marché pourrait se stabiliser. En revanche, une reprise insuffisante maintiendrait les tensions sur les cours mondiaux, dans un contexte où la demande en chocolat demeure structurellement élevée.
L’année 2024/2025 apparaît ainsi déterminante pour apprécier si la région entre dans un nouveau cycle de production ou dans une phase durable de resserrement de l’offre.




