Deuxième exportateur ouest-africain de bois et produits dérivés derrière la Côte d’Ivoire, le Ghana traverse une phase délicate sur les marchés internationaux. En 2025, le pays a exporté 217 000 m³ de bois et dérivés, soit une baisse de 20 % par rapport aux 273 000 m³ écoulés en 2024, selon les données publiées le 15 février par la Division développement de l’industrie du bois (TIDD).
La contraction est également visible en valeur. Les recettes d’exportation ont reculé de 21 % sur un an, à 98,38 millions d’euros (environ 116,3 millions de dollars). D’après la TIDD, il s’agit de la plus faible performance enregistrée par la filière ghanéenne depuis six ans, aussi bien en volume qu’en chiffre d’affaires.
Si le rapport ne détaille pas précisément les causes de cette contre-performance, le contexte international éclaire en partie la tendance. Une analyse publiée en octobre 2025 par la plateforme spécialisée GlobalWood évoquait un secteur forestier ouest et centre-africain « sous forte pression », confronté à une demande mondiale atone. Le ralentissement de la Chine, la concurrence accrue des bois résineux brésiliens et la stagnation du marché européen limitent les débouchés des producteurs africains.
La dynamique baissière s’est amorcée dès 2023. Après un pic historique de 343 000 m³ exportés en 2022, pour une valeur de 153,88 millions d’euros, les volumes ont chuté de près de 15 % en 2023, avant de poursuivre leur recul jusqu’en 2025. Sur l’ensemble de la période 2020-2025, le Ghana a néanmoins exporté environ 1,66 million de m³ de produits du bois, générant 763,07 millions d’euros de recettes cumulées.
Le bois scié séché à l’air demeure le principal produit exporté, représentant 55 % des volumes, suivi du bois scié séché au four (14 %), du contreplaqué (11 %) et des billes de bois (10 %). À eux seuls, ces quatre segments concentrent près de 89 % des volumes exportés et 83 % des recettes. Les essences les plus demandées – teck, wawa/ayous, eucalyptus, cédrela et gmelina – sont majoritairement destinées aux marchés asiatiques, qui ont absorbé 63 % des exportations en 2025, devant l’Europe (17 %), l’Afrique (13 %), les Amériques (4 %) et le Moyen-Orient (3 %).
Malgré la baisse globale, les ventes vers l’Afrique ont montré un léger redressement. Après avoir reculé de 13 % en 2020 à 9 % en 2024, la part des exportations à destination du continent est remontée à 11 % en 2025. Les flux vers les pays de la CEDEAO ont progressé de 7 % en volume, à 19 771 m³, tirés principalement par le contreplaqué. Le Togo, le Burkina Faso et la Gambie figurent parmi les marchés régionaux les plus dynamiques.
Ce regain régional intervient alors que le président John Dramani Mahama a appelé, lors de l’Africa Trade Summit 2026 à Accra, à renforcer les chaînes de valeur intra-africaines pour réduire la dépendance aux marchés extérieurs. Pour la filière forestière ghanéenne, le défi consiste désormais à relancer la compétitivité à l’export tout en intégrant les exigences croissantes en matière de durabilité et de transformation locale.




