Mali : la filière coton vise plus de 650 000 tonnes pour la campagne 2026/2027

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En Afrique de l’Ouest, le Mali figure parmi les principaux producteurs de coton aux côtés du Bénin, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. Dans un contexte marqué par des contraintes climatiques et sécuritaires persistantes, la filière cotonnière malienne cherche à retrouver une trajectoire de croissance et à stabiliser sa production.

Les autorités maliennes ambitionnent ainsi de porter la production nationale de coton graine à plus de 650 000 tonnes lors de la campagne 2026/2027. Cette perspective a été évoquée le 26 février dernier en marge de la 106ᵉ session ordinaire du Conseil d’administration de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT).

Si cet objectif est atteint, il représenterait une hausse de plus de 50 % par rapport à la campagne en cours. Selon les données de l’interprofession relayées par le Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA), la production pour la campagne 2025/2026 est estimée à 433 700 tonnes de coton graine.

Pour soutenir cette progression, la CMDT prévoit notamment d’étendre les superficies cultivées. La surface emblavée devrait ainsi augmenter de 96 000 hectares, pour atteindre 630 000 hectares lors de la prochaine campagne. L’entreprise ambitionne également d’améliorer les performances agronomiques, avec un objectif de rendement moyen de 950 kilogrammes par hectare, soit une progression d’environ 17 % par rapport à la saison précédente.

Cependant, la filière doit composer avec plusieurs contraintes structurelles qui ont déjà pesé sur les campagnes précédentes. Dans certaines zones productrices, l’insécurité continue de perturber les activités agricoles, limitant l’accès aux champs et aux infrastructures de collecte. À cela s’ajoutent les effets de la variabilité climatique, caractérisée par des épisodes d’inondations et des périodes de sécheresse, qui affectent les rendements.

Les producteurs sont également confrontés à des attaques de jassides, des insectes parasites du coton, ainsi qu’à des retards dans l’approvisionnement en intrants agricoles. Face à ces difficultés, la CMDT travaille à la mise en place d’un plan de relance intérimaire assorti d’un plan d’action opérationnel, destiné à mieux anticiper les risques et à renforcer l’accompagnement des producteurs. Selon le PDG de l’entreprise, Kouloumégué Dembélé, cette stratégie vise à consolider la résilience de la filière et à améliorer les performances de production.

Au cours des cinq dernières campagnes, la production de coton malienne a évolué de manière irrégulière. Après avoir atteint un pic de 777 000 tonnes en 2021/2022, la filière n’est plus parvenue à franchir la barre des 700 000 tonnes, ce qui lui a fait perdre à plusieurs reprises sa position de premier producteur africain au profit du Bénin, notamment lors de la campagne 2025/2026.

Cette instabilité est d’autant plus préoccupante que le coton constitue la deuxième source de recettes d’exportation du Mali après l’or. La baisse des volumes exportés se combine en outre à une tendance défavorable sur les marchés internationaux. Selon le Comité consultatif international sur le coton (ICAC), l’indice Cotlook A – référence mondiale du prix du coton – s’est établi en moyenne à 79,6 cents la livre lors de la campagne 2024/2025, soit une baisse de 13,4 % par rapport à la saison précédente et son niveau moyen le plus bas depuis 2020/2021.

Dans ce contexte, les recettes d’exportation ont fortement reculé. Les données compilées par la plateforme Trade Map indiquent que le Mali a exporté environ 69,7 millions de dollars de coton en 2024, contre 256 millions de dollars en 2020.

Pour les autorités maliennes, la réussite de la campagne 2026/2027 apparaît donc comme un enjeu stratégique, à la fois pour stabiliser les revenus des producteurs, renforcer la balance commerciale et consolider la place du pays dans la filière cotonnière ouest-africaine.

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