Le Ghana renforce ses capacités de transformation agroalimentaire pour répondre à la demande croissante en produits à base de blé. Le président John Dramani Mahama a inauguré le 5 mars 2026 une nouvelle usine de fabrication de pâtes alimentaires à Kpone, près de la ville portuaire de Tema, dans la région du Grand Accra.
Cette installation industrielle, d’un coût d’environ 40 millions de dollars, a été développée par Olam Agri, filiale du groupe agroindustriel singapourien Olam. L’unité dispose d’une capacité de production annuelle de 60 000 tonnes de produits tels que les spaghettis, les macaroni et d’autres types de pâtes courtes.
La production sera destinée exclusivement au marché intérieur, où la consommation de produits dérivés du blé ne cesse d’augmenter. Pour son approvisionnement, l’usine utilisera de la farine de blé moulue localement, ce qui permettra de renforcer les liens avec l’industrie nationale de la minoterie.
Selon Sunny George Verghese, directeur général d’Olam Agri, l’exploitation complète de cette capacité pourrait réduire la dépendance du Ghana aux importations de pâtes alimentaires d’environ 40 %.
Un marché en forte croissance
Les données commerciales illustrent l’importance de ce segment pour l’économie ghanéenne. Selon la plateforme Trade Map, le Ghana a importé en moyenne 70 910 tonnes de pâtes alimentaires par an entre 2021 et 2024, pour une facture annuelle moyenne d’environ 35 millions de dollars.
Pour la ministre du Commerce, de l’Agribusiness et de l’Industrie, Elizabeth Ofosu-Adjare, la production locale constitue un levier important pour l’économie nationale. « Chaque tonne de pâtes produite à Tema est une substitution directe aux importations, un dollar préservé dans nos réserves de change et une nouvelle opportunité d’emploi », a-t-elle déclaré.
Une intégration progressive de la chaîne du blé
Avant d’investir dans la production de pâtes alimentaires, Olam Agri était déjà présent dans la transformation du blé au Ghana. Depuis 2012, l’entreprise exploite un moulin à blé capable de produire environ 375 000 tonnes de farine par an, commercialisée notamment sous les marques First Choice et Royal Gold.
Le lancement de cette nouvelle unité de transformation devrait toutefois augmenter la demande nationale en farine et en blé. Or, la production locale de cette céréale reste quasi inexistante dans le pays.
Selon les données du United States Department of Agriculture (USDA), les importations ghanéennes de blé ont déjà progressé de 31,7 %, passant de 721 000 tonnes en 2022/2023 à 950 000 tonnes en 2024/2025. L’organisme prévoit que ces achats pourraient dépasser le seuil d’un million de tonnes au cours de la campagne de commercialisation 2025/2026.
Des habitudes alimentaires dominées par le pain
Comme dans une grande partie de l’Afrique de l’Ouest, la farine de blé est principalement consommée sous forme de pain au Ghana. L’USDA estime que près de 70 % de la farine produite dans le pays est utilisée dans la fabrication du pain, tandis que le reste sert à la confection de gâteaux, de biscuits et d’autres produits dérivés.
Dans ce contexte, le développement d’unités industrielles comme celle inaugurée à Kpone illustre l’intérêt croissant des investisseurs pour la transformation locale des produits céréaliers, un segment jugé stratégique pour réduire les importations alimentaires et renforcer la sécurité alimentaire du pays.




