Le Liberia poursuit ses efforts pour restructurer son secteur énergétique, encore confronté à de fortes contraintes structurelles. Malgré une amélioration notable de son cadre réglementaire, les autorités cherchent désormais à identifier les causes profondes des dysfonctionnements du système électrique national.
Le gouvernement a ainsi lancé un atelier d’analyse consacré à ces enjeux, selon des informations rapportées le 27 février par le quotidien libérien The New Dawn. Cette initiative est menée en partenariat avec la Millennium Challenge Corporation (MCC), l’agence américaine d’aide au développement.
Les travaux visent à examiner les principaux obstacles qui freinent la performance du secteur, notamment les coûts élevés de l’électricité, les insuffisances des infrastructures et les défis liés à la gouvernance du système énergétique.
Les conclusions de cet atelier devraient contribuer à la préparation d’un éventuel second programme de coopération, appelé Compact II, entre Monrovia et la MCC. Ce programme pourrait prolonger les actions engagées dans le cadre d’un premier partenariat qui s’est achevé en 2021.
Un secteur énergétique encore fragile
Les discussions réunissent des représentants du gouvernement, de la compagnie nationale d’électricité ainsi que des partenaires techniques et financiers. Les résultats attendus devraient servir de base à de futures décisions stratégiques destinées à renforcer la performance du secteur.
Cette réflexion intervient dans un contexte paradoxal. D’un côté, le Liberia a enregistré des progrès notables dans la gouvernance du secteur. Selon l’édition 2024 de l’Electricity Regulatory Index publiée par la Banque africaine de développement (BAD), le pays se classe 9ᵉ sur 43 pays africains, avec un score de 0,803, contre 0,628 en 2022.
Cette progression témoigne d’une amélioration du cadre réglementaire et institutionnel de l’électricité. Toutefois, ces avancées ne se traduisent pas encore pleinement par une amélioration de l’offre énergétique.
Une capacité de production encore limitée
Malgré les réformes engagées, la production d’électricité demeure insuffisante pour répondre à la demande. La capacité installée du pays est estimée à environ 126 MW, un niveau relativement faible pour soutenir le développement économique.
Le Liberia a toutefois renforcé la place des énergies renouvelables dans son mix énergétique. Celles-ci représentent désormais 33 % de la production nationale et ont contribué à 70 % de la croissance de la capacité installée depuis 2015.
Pour compenser les déficits d’approvisionnement, le pays s’appuie également sur les échanges régionaux d’électricité à travers le projet d’interconnexion Côte d’Ivoire–Libéria–Sierra Leone–Guinée (CLSG), qui facilite les importations d’énergie depuis les pays voisins.
Dans ce contexte, l’atelier organisé avec la MCC pourrait constituer une étape importante pour définir les priorités d’investissement et les réformes nécessaires afin de renforcer durablement le système électrique libérien.




