Premier producteur d’or en Afrique, le Ghana cherche à tirer davantage profit de la hausse prolongée des prix du métal précieux. Dans ce cadre, les autorités envisagent d’introduire en 2026 un nouveau barème de redevances minières pouvant atteindre 12 %, soit plus du double du taux actuel fixé à 5 %.
Cette réforme, encore en cours d’adoption, intervient dans un contexte de flambée des cours de l’or, dont le prix avoisine actuellement 5 100 dollars l’once. L’objectif du gouvernement est de maximiser la rente tirée de ce secteur stratégique, qui constitue le principal produit d’exportation du pays.
Des inquiétudes exprimées par plusieurs gouvernements
La perspective de cette hausse a toutefois suscité de vives réactions parmi les compagnies minières opérant dans le pays, mais aussi au niveau diplomatique. Selon des informations rapportées par Reuters, les missions diplomatiques de plusieurs pays — notamment la Chine, les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada — ont exprimé leurs préoccupations aux autorités ghanéennes.
Ces gouvernements craignent que l’augmentation des redevances ne fragilise la rentabilité des investissements miniers dans le pays. Avec le soutien d’autres États comme l’Australie et l’Afrique du Sud, les diplomates auraient même transmis un document commun aux autorités d’Accra afin d’appeler à la poursuite des discussions sur la réforme.
Cette mobilisation internationale s’explique notamment par la présence d’importantes compagnies étrangères dans l’industrie aurifère ghanéenne, telles que Newmont, Zijin Mining ou encore Gold Fields.
Des ajustements proposés par le gouvernement
Face aux préoccupations exprimées par les acteurs du secteur, le gouvernement ghanéen a déjà envisagé certains ajustements. Début février, les autorités auraient proposé de réduire une taxe additionnelle appelée « Growth and Sustainability Levy », actuellement fixée à 3 %, pour la ramener à 1 %.
Cependant, cette concession n’a pas suffi à apaiser les inquiétudes de la Ghana Chamber of Mines, qui représente les intérêts des compagnies minières dans le pays. L’organisation plaide pour la suppression complète de cette taxe et pour un barème de redevances plus modéré compris entre 4 % et 8 %.
À ce stade, l’issue des discussions entre le gouvernement et les acteurs du secteur reste incertaine.
Une tendance observée chez plusieurs producteurs africains
Pour les autorités ghanéennes, cette réforme vise avant tout à accroître les revenus tirés du secteur aurifère, dans un contexte de hausse durable des prix de l’or. Elle s’inscrit également dans une tendance plus large observée dans plusieurs pays africains producteurs.
Des États comme le Mali ou le Burkina Faso ont récemment révisé leurs cadres fiscaux afin de capter une part plus importante de la rente minière générée par l’exploitation de l’or.
Aucune date précise n’a encore été annoncée pour l’adoption définitive du nouveau barème de redevances au Ghana, mais le débat autour de cette réforme illustre les tensions croissantes entre objectifs de souveraineté économique des États producteurs et préoccupations de rentabilité des investisseurs internationaux.




