Le gouvernement nigérien a décidé de ne pas prolonger les permis d’exploration pétrolière détenus par Savannah Energy dans le bassin d’Agadem, principale région pétrolière du pays. Cette décision a été annoncée à l’issue du Conseil des ministres du 3 mars 2026.
La mesure concerne les blocs d’exploration R1, R2, R3 et R4, exploités dans le cadre du contrat de partage de production (PSC) R1234, couvrant un périmètre de plus de 13 000 km² dans le bassin d’Agadem, où se concentre l’essentiel des activités pétrolières du Niger.
La demande de prolongation avait été introduite par la filiale locale de l’entreprise, Savannah Energy Niger, auprès du ministère du Pétrole. Elle s’inscrivait dans le cadre d’une autorisation accordée en décembre 2021 qui prévoyait une prolongation de dix ans des droits d’exploration.
Des obligations contractuelles jugées non respectées
Selon les autorités nigériennes, l’examen de la demande a conclu que certaines obligations prévues dans le contrat n’avaient pas été respectées par l’opérateur.
Le gouvernement évoque notamment des manquements liés au Programme de Travail Minimum, un ensemble d’engagements techniques et opérationnels que les compagnies pétrolières doivent réaliser pendant la phase d’exploration.
Ces obligations concernent généralement des activités telles que les études géologiques, les campagnes sismiques ou le forage de puits exploratoires. Les autorités n’ont toutefois pas précisé la nature exacte des manquements constatés.
Les blocs pourraient revenir à l’État
En règle générale, lorsqu’un permis d’exploration n’est pas prolongé, l’opérateur perd ses droits sur les blocs concernés. Ceux-ci reviennent alors à l’État, qui peut décider de les réattribuer à d’autres compagnies dans le cadre d’un nouvel appel d’offres.
Des situations comparables ont déjà été observées dans plusieurs pays producteurs africains. Au Nigeria, par exemple, le gouvernement avait révoqué en 2021 quatre licences détenues par Addax Petroleum pour non-développement des champs pétroliers. Au Ghana, un différend fiscal entre l’État et la compagnie Tullow Oil avait également donné lieu à une procédure d’arbitrage international devant la Chambre de commerce internationale.
Savannah Energy reste engagée dans d’autres projets
À ce stade, Savannah Energy n’a pas encore réagi officiellement à la décision du gouvernement nigérien.
La compagnie reste néanmoins impliquée dans d’autres projets énergétiques dans le pays, notamment dans le développement de deux centrales solaires photovoltaïques d’une capacité combinée pouvant atteindre 200 MW. L’accord relatif à ces projets avait été signé avec les autorités nigériennes en mai 2023.
Cette évolution intervient dans un contexte où le Niger cherche à optimiser la valorisation de ses ressources énergétiques et à renforcer la supervision de ses partenariats dans le secteur pétrolier.




