Le gouvernement burkinabè a engagé une réforme de la gestion de ses participations dans le secteur financier. Réuni le 12 mars en Conseil des ministres, l’exécutif a adopté deux décrets portant création de la société Yennenga Holding Burkina Faso et approuvant ses statuts.
Dotée d’un capital social de 10 milliards FCFA (environ 17,5 millions de dollars), la nouvelle structure sera détenue à 51 % par l’État burkinabè et à 49 % par ses démembrements. Elle aura pour mission de centraliser et de gérer les participations publiques dans plusieurs institutions financières du pays.
La holding regroupera notamment les parts de l’État dans la Banque commerciale du Burkina, la Banque agricole du Faso, la Banque postale du Burkina Faso ainsi que dans Faso Réassurances.
Une gestion stratégique des actifs publics
Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, la création de cette holding vise à mettre en place une gestion plus stratégique des actifs financiers détenus par l’État.
L’objectif est notamment de mutualiser certaines décisions et de mieux coordonner les actions des institutions financières concernées. Le gouvernement souhaite également que ces établissements contribuent davantage au financement des projets structurants de l’État et au développement de l’économie nationale.
Un portefeuille estimé à plus de 90 milliards FCFA
La création de Yennenga Holding intervient dans un contexte où l’État burkinabè détient un portefeuille financier significatif. Le gouvernement et ses démembrements possèdent environ 28 % des parts dans 15 établissements de crédit, ainsi que des participations dans quatre sociétés d’assurance et de réassurance, une institution de microfinance et plusieurs autres structures financières.
Dans les quatre entités désormais intégrées à la holding, l’État et ses démembrements contrôlent environ 91,67 % du capital social, pour une valeur totale estimée à 90,09 milliards FCFA (près de 158 millions de dollars).
Un outil de politique économique
À travers la création de cette structure, les autorités souhaitent renforcer la gouvernance et la performance des entreprises financières détenues par l’État. La centralisation de la gestion du portefeuille public devrait permettre un meilleur suivi des performances et une orientation plus cohérente des activités vers les priorités économiques nationales.
La mise en place de cette holding avait été annoncée le 2 février par le ministre des Finances lors de la présentation des projets de son département. Elle s’inscrit dans une stratégie visant à optimiser la gestion des actifs publics et à mobiliser davantage de ressources financières au service du développement économique du Burkina Faso.




