L’agence internationale de notation financière Standard & Poor’s a relevé la perspective associée à la notation souveraine de la Guinée, désormais portée de « Stable » à « Positive », tout en confirmant la note du pays à « B+ ». Cette décision constitue une reconnaissance de la trajectoire économique et financière du pays, dans un contexte marqué par la mise en œuvre de réformes structurelles et de grands projets d’investissement.
Ce relèvement de perspective intervient dès la première révision suivant l’attribution de la notation inaugurale, un fait jugé notable par les autorités guinéennes. Avec cette notation assortie d’une perspective positive, la Guinée se positionne parmi les signatures souveraines africaines bénéficiant d’une perception relativement favorable sur les marchés internationaux.
Pour Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet de la présidence et président du comité stratégique de Simandou, cette décision envoie un signal positif aux partenaires économiques et financiers du pays. Selon lui, elle confirme l’attractivité croissante de l’économie guinéenne pour les investisseurs internationaux, dans un contexte de transformation économique engagée sous la présidence de Mamadi Doumbouya.
Dans son rapport, S&P met notamment en avant les perspectives de croissance élevées de l’économie guinéenne, avec un taux de croissance du PIB réel attendu autour de 10 % sur la période 2026-2029. Cette dynamique serait portée par la montée en puissance du projet minier de grande envergure Projet Simandou, par l’augmentation des capacités de raffinage et par la réalisation de grands projets d’infrastructures.
L’agence souligne également le potentiel de diversification économique du pays, notamment dans les secteurs de l’agro-industrie, des technologies de l’information et de la communication et des industries manufacturières.
Sur le plan macroéconomique, S&P relève l’amélioration significative de la position extérieure de la Guinée. Les réserves de change ont plus que triplé en un an pour atteindre 4,1 milliards de dollars à fin 2025, un niveau supérieur aux prévisions de l’agence. Cette évolution est liée notamment à l’afflux d’investissements directs étrangers et aux retombées attendues du développement du projet Simandou.
L’agence met également en avant la progression des recettes publiques, en hausse de 46 % en 2025, soutenue à la fois par les revenus miniers et par les réformes engagées pour moderniser l’administration fiscale et douanière. Les autorités ont notamment introduit des mesures de digitalisation, renforcé les mécanismes de contrôle et réduit certaines exonérations fiscales.
Dans ce contexte, la dette publique du pays reste contenue, estimée à 36 % du PIB, tandis que le déficit budgétaire demeure maîtrisé, des éléments qui témoignent selon l’agence de la solidité du cadre de gestion des finances publiques.
S&P souligne également l’importance des évolutions politiques récentes. L’adoption d’une nouvelle Constitution en septembre 2025 et la tenue de l’élection présidentielle en décembre de la même année ont contribué à renforcer la crédibilité institutionnelle du pays et ont conduit à la levée des dernières sanctions imposées par l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.
Selon l’agence, la perspective « Positive » pourrait déboucher sur une révision à la hausse de la notation souveraine dans les 12 à 18 prochains mois, notamment si la position extérieure du pays continue de se renforcer ou si la consolidation budgétaire progresse plus rapidement que prévu.
Pour les autorités guinéennes, cette évolution intervient à un moment clé, alors que le programme de développement économique Simandou 2040 entre dans sa phase de déploiement. Ce plan stratégique vise à ouvrir un nouveau cycle de croissance, d’industrialisation et d’investissement dans l’économie guinéenne au cours des prochaines années.




