Ghana : le gouvernement veut priver les fraudeurs au mobile money d’accès aux services télécoms

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Au Ghana, les autorités souhaitent renforcer la lutte contre la fraude liée au mobile money en adoptant une mesure radicale : empêcher les personnes impliquées dans ces pratiques d’accéder aux services de télécommunications. Cette initiative intervient dans un contexte de forte croissance des paiements mobiles, qui s’accompagne d’une multiplication des escroqueries numériques.

Le dispositif a été présenté le 17 mars à Accra par Samuel Nartey George, ministre des Communications, des Technologies numériques et de l’Innovation, lors d’une réunion avec les parties prenantes du secteur. La mesure s’inscrit dans le nouveau cadre d’enregistrement des cartes SIM, qui vise à renforcer l’identification des abonnés et à limiter les usages frauduleux.

Le mécanisme repose sur la Ghana Card, la carte nationale d’identité utilisée pour l’enregistrement des lignes téléphoniques. Selon le ministre, toute carte d’identité associée à plusieurs inscriptions frauduleuses pourra être bloquée. Concrètement, si une même Ghana Card est liée à plus d’un numéro impliqué dans une fraude au mobile money, elle sera suspendue et ne pourra plus servir à enregistrer une nouvelle carte SIM dans le pays, privant ainsi son détenteur d’accès aux services télécoms.

Cette mesure intervient alors que le mobile money s’est imposé comme l’un des principaux moyens de paiement dans le pays, notamment pour les populations peu ou pas bancarisées. D’après le rapport annuel 2024 de la Bank of Ghana sur la surveillance des systèmes de paiement, la valeur totale des transactions d’argent mobile a atteint 3010 milliards de cedis ghanéens (environ 275,6 milliards de dollars) en 2024, soit une progression de 56,8 % par rapport aux 1920 milliards de cedis enregistrés en 2023.

Le nombre de comptes actifs illustre également cette expansion rapide. À la fin de l’année 2025, le pays comptait 26,7 millions de comptes actifs, pour un total de 80,5 millions de comptes enregistrés, preuve de l’adoption massive de ces services.

Cependant, cette croissance s’accompagne d’une augmentation des fraudes. Selon le Rapport sur la stabilité financière 2023 de la Banque du Ghana, 13 451 cas de fraude ont été signalés dans l’ensemble du secteur financier. Les fraudes liées au mobile money représentent environ 20 % de ces incidents, soit près de 2700 cas, impliquant notamment des portefeuilles électroniques tels que MTN MoMo, Vodafone Cash et AirtelTigo Money.

À travers ce nouveau dispositif, les autorités ghanéennes espèrent renforcer la traçabilité des utilisateurs et dissuader les réseaux de fraude, dans un écosystème financier de plus en plus numérisé où la sécurité des transactions devient un enjeu central.

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