Le Sénégal souhaite accélérer le déploiement de la fibre optique sur son territoire afin de soutenir la transformation numérique et réduire la fracture digitale. Dans cette perspective, le régulateur du secteur a lancé une consultation publique pour définir un cadre favorable à l’extension des réseaux à très haut débit.
L’initiative a été annoncée le 23 mars par l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes. Les acteurs du secteur disposent jusqu’au 14 avril pour transmettre leurs contributions sur les enjeux techniques, économiques, juridiques et opérationnels liés au déploiement des réseaux FTTX (Fiber to the X).
L’objectif est de mieux comprendre les caractéristiques du marché, les besoins en connectivité, l’état des infrastructures existantes et les conditions nécessaires à un développement durable du très haut débit.
La mutualisation des infrastructures au cœur de la stratégie
Au centre de la réflexion figure la mutualisation des infrastructures télécoms, considérée comme un levier essentiel pour accélérer le déploiement de la fibre tout en limitant les coûts d’investissement.
Selon l’ARTP, la multiplication des déploiements parallèles par différents opérateurs, l’hétérogénéité des architectures techniques et l’absence de mécanismes de co-investissement structurés peuvent entraîner une duplication coûteuse des infrastructures.
La mutualisation vise ainsi à permettre aux opérateurs de partager différents types d’infrastructures, notamment :
- les réseaux de génie civil (fourreaux, conduites, galeries, poteaux et infrastructures aériennes) ;
- la fibre optique non activée, également appelée fibre noire ;
- les locaux techniques, armoires et chambres de raccordement ;
- certaines infrastructures actives ou alternatives.
Cette approche doit permettre d’optimiser les investissements et d’améliorer l’accès au très haut débit dans les zones moins rentables pour les opérateurs.
Un pilier du « New Deal technologique »
La stratégie s’inscrit dans la politique nationale de transformation numérique baptisée New Deal technologique, qui place la connectivité universelle, la souveraineté numérique et le développement de l’économie digitale au cœur de la stratégie nationale à l’horizon 2034.
Dans ce cadre, l’ARTP avait déjà lancé en juillet 2025 deux projets pilotes portant sur le partage d’infrastructures télécoms, notamment pour le dégroupage et la mutualisation de la fibre optique.
Par ailleurs, une décision adoptée en décembre 2023 encadre déjà les mécanismes de co-investissement entre opérateurs pour le déploiement de réseaux à très haute capacité.
Réduire les coûts et améliorer l’accès à Internet
La mutualisation pourrait également contribuer à réduire les coûts d’accès à Internet pour les utilisateurs finaux. Selon les données du régulateur, le coût de 5 GB d’Internet fixe représente environ 15,1 % du revenu mensuel par habitant au Sénégal, bien au-dessus du seuil d’abordabilité de 2 % recommandé par l’International Telecommunication Union.
En facilitant le partage des infrastructures et en réduisant les dépenses d’investissement (CAPEX) des opérateurs, cette stratégie pourrait permettre de diminuer les coûts des services et d’accélérer l’adoption de la fibre.
À la fin de l’année 2025, le Sénégal comptait environ 600 000 lignes raccordées à la fibre optique, soit près de 29,2 % des 2,06 millions de ménages du pays, sans compter les entreprises.
À terme, les autorités espèrent que ces réformes permettront d’élargir la couverture du très haut débit et de soutenir la transformation numérique de l’économie sénégalaise.




