Le Burkina Faso enregistre une amélioration significative de sa balance commerciale au quatrième trimestre 2025, portée par une forte progression des exportations, dominées par l’or.
Selon les données publiées par la Direction générale des douanes (DGD), l’excédent commercial s’est établi à 928,4 milliards FCFA (1,6 milliard de dollars), contre 334,7 milliards FCFA au trimestre précédent. Cette performance reflète un écart croissant entre des exportations en forte hausse et des importations relativement maîtrisées.
Des importations globalement stables
Sur la période, les importations ont progressé de manière modérée de 0,7 %, atteignant 1126,9 milliards FCFA, contre 1118,7 milliards FCFA au troisième trimestre.
Les hydrocarbures restent le premier poste d’importation, avec une valeur de 318,1 milliards FCFA, soit 28,2 % du total. Ce segment affiche toutefois un recul de 2,6 % par rapport au trimestre précédent et de 17,1 % en glissement annuel.
Les médicaments occupent la deuxième position, tandis que les produits alimentaires enregistrent des évolutions contrastées. Les importations de blé ont fortement augmenté (+62,8 %), alors que celles de riz ont progressé plus modestement (+1,6 %).
Sur le plan des partenaires commerciaux, la Chine demeure le principal fournisseur du pays avec 254,9 milliards FCFA, représentant 22,6 % des importations, suivie de la Russie, du Ghana et de la Côte d’Ivoire.
Une explosion des exportations tirées par l’or
Du côté des exportations, la dynamique est nettement plus marquée. Leur valeur est passée de 1453,4 milliards FCFA au troisième trimestre à 2055,3 milliards FCFA au quatrième trimestre 2025, soit une hausse de 41,4 %.
L’or confirme sa position dominante, avec une valeur record de 1989,9 milliards FCFA, représentant 96,8 % des exportations totales. Cette performance souligne la dépendance structurelle du pays au secteur aurifère pour ses recettes extérieures.
Parallèlement, certains produits agricoles saisonniers enregistrent des progressions en glissement annuel, notamment l’huile de karité, la noix de cajou et les mangues. À l’inverse, les exportations de sésame et de coton affichent un recul sur la même période.
Une concentration des débouchés
Les exportations burkinabè restent fortement concentrées sur un nombre limité de marchés. Au quatrième trimestre 2025, 93,8 % des ventes extérieures ont été destinées aux Émirats arabes unis et à la Suisse, principalement pour l’or.
Cette concentration expose le pays à des risques liés à la volatilité des prix des matières premières et à la dépendance à un nombre restreint de partenaires.
Des réformes pour moderniser le commerce extérieur
Ces résultats interviennent dans un contexte de modernisation progressive des échanges commerciaux. Les autorités burkinabè poursuivent la digitalisation des procédures douanières et ont récemment mis en place l’Agence burkinabè de l’investissement et de la promotion des exportations (ABIPEX).
L’objectif est de fluidifier les échanges, de diversifier les exportations et de renforcer la compétitivité du pays sur les marchés internationaux.




