Le Sénégal et le Nigeria intensifient leur coopération énergétique dans un contexte marqué par la fragmentation des marchés et une faible intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Les deux pays ont engagé une coordination de leurs stratégies à l’issue de discussions tenues à Abuja.
Selon le ministère sénégalais de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, cette initiative vise à renforcer les synergies bilatérales, notamment dans les segments clés du gaz naturel, du raffinage et de l’élaboration des politiques énergétiques.
Ces échanges ont impliqué le ministère nigérian du Pétrole ainsi que la NNPC Ltd, et ont également porté sur le partage d’expériences techniques et institutionnelles.
Une coopération centrée sur le gaz et l’aval pétrolier
Cette dynamique s’inscrit dans la continuité d’une visite officielle du ministre sénégalais de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, au Nigeria.
Les discussions ont mis l’accent sur le développement du gaz naturel, considéré comme un levier stratégique pour la transition énergétique et l’industrialisation, ainsi que sur le renforcement des capacités de raffinage.
L’objectif est de mieux valoriser les ressources locales tout en réduisant la dépendance aux importations énergétiques.
Un cadre régional déjà structuré
Ce rapprochement s’inscrit dans des initiatives régionales existantes, notamment le West African Power Pool (WAPP), qui vise à interconnecter les réseaux électriques des États membres de la CEDEAO.
Ce mécanisme a pour objectif de faciliter les échanges d’électricité et d’optimiser l’utilisation des capacités de production à l’échelle régionale.
Des échanges intra-régionaux encore limités
Malgré ces initiatives, les échanges énergétiques en Afrique de l’Ouest restent marginaux. Selon des données récentes, seulement 8,5 % de la production d’électricité régionale ont été échangés entre pays voisins sur la période 2018-2023.
Dans le secteur pétrolier, les flux intra-régionaux représentent également une part limitée, estimée entre 10 % et 15 % de la consommation.
Ces niveaux reflètent les contraintes persistantes liées aux infrastructures, à la coordination entre États et à l’harmonisation des politiques énergétiques.
Un levier pour accélérer l’intégration énergétique
Dans ce contexte, les partenariats bilatéraux apparaissent comme des leviers pour dynamiser les échanges intra-africains et structurer des chaînes de valeur régionales.
La coopération entre le Sénégal et le Nigeria pourrait ainsi contribuer à renforcer la sécurité énergétique, à améliorer l’accès à l’électricité et à soutenir le développement industriel de la région.
À terme, l’enjeu sera de transformer ces initiatives en projets concrets capables d’accélérer l’intégration énergétique ouest-africaine.




