Commerce régional : le Nigeria suspend ses exportations d’oignons vers le Ghana sur fond de tensions

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Le commerce intrarégional de produits agricoles en Afrique de l’Ouest connaît de nouvelles perturbations. Au Nigeria, l’Association nationale des producteurs, transformateurs et distributeurs d’oignons (NOPPM) a annoncé la suspension temporaire des exportations d’oignons vers le Ghana depuis le 5 avril.

Cette décision fait suite à des tensions signalées sur le terrain, notamment des accusations de harcèlement et la saisie de camions transportant des oignons nigérians sur le marché de Kotoku à Accra.

Des tensions commerciales sur le terrain

Selon la NOPPM, les opérateurs nigérians font face à des entraves répétées dans l’exercice de leurs activités, créant un environnement jugé défavorable au commerce.

L’association conditionne la reprise des expéditions au rétablissement d’un cadre commercial sécurisé et équitable, afin de limiter les pertes pour les exportateurs.

Un produit stratégique pour les échanges régionaux

L’oignon constitue un produit clé du commerce agricole en Afrique de l’Ouest, avec des flux largement alimentés par des circuits informels.

Le Nigeria s’impose comme le deuxième producteur régional, derrière le Niger, avec une production estimée à 1,91 million de tonnes en 2024. Cette production alimente plusieurs marchés de la sous-région, où la demande reste soutenue.

Une dépendance du Ghana aux importations

Le Ghana, de son côté, dépend fortement des importations pour satisfaire sa consommation intérieure. Selon les estimations disponibles, environ 70 % des besoins du pays sont couverts par des achats extérieurs, représentant un coût hebdomadaire d’environ 2 millions de dollars.

Les principaux fournisseurs incluent le Niger, le Mali, le Burkina Faso et le Nigeria. Toutefois, la part exacte des exportations nigérianes reste difficile à évaluer en raison du poids des circuits informels.

Des risques pour les chaînes d’approvisionnement

Une interruption prolongée des flux en provenance du Nigeria pourrait fragiliser l’approvisionnement du marché ghanéen, entraîner une hausse des prix et, à terme, générer des tensions sur la disponibilité du produit.

Du côté nigérian, les exportateurs pourraient être confrontés à des difficultés d’écoulement de leurs excédents, dans un contexte de production élevée.

Les limites du marché régional

Au-delà de cet épisode, la situation met en évidence les fragilités persistantes du commerce intrarégional au sein de la CEDEAO.

Malgré le principe de libre circulation des biens, les entraves observées sur le terrain soulignent les difficultés d’application des règles communautaires, notamment dans les circuits informels et les marchés urbains.

Dans ce contexte, le renforcement des mécanismes de régulation et de coordination apparaît comme un enjeu clé pour sécuriser les échanges agricoles et soutenir l’intégration économique régionale.

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