La Côte d’Ivoire et les États-Unis ont signé un protocole d’accord bilatéral de 487 millions de dollars sur cinq ans, destiné à soutenir la transformation du système de santé ivoirien. L’annonce a été faite par le gouvernement ivoirien le mardi 30 décembre 2025, dans un contexte de repositionnement stratégique de l’aide sanitaire américaine en Afrique.
Un partenariat centré sur les priorités sanitaires clés
L’accord vise à renforcer plusieurs piliers jugés stratégiques du système de santé ivoirien, notamment la lutte contre le VIH/Sida, le paludisme, la santé maternelle et infantile, ainsi que la sécurité sanitaire mondiale. Il s’inscrit dans la continuité des programmes de coopération sanitaire de long terme entre Abidjan et Washington, qui ont contribué ces dernières années à l’amélioration de plusieurs indicateurs de santé publique.
Selon les autorités, l’objectif est d’accompagner une transformation structurelle du système sanitaire, en allant au-delà des approches purement curatives, pour intégrer davantage de prévention, de résilience et de capacité de réponse aux crises sanitaires.
Une aide alignée sur la nouvelle doctrine américaine
Cet accord intervient dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle « American First Global Health Strategy », adoptée par l’administration Trump. Cette stratégie marque une inflexion notable de la politique de coopération sanitaire des États-Unis, avec un accent renforcé sur la responsabilité budgétaire des pays bénéficiaires.
Dans cette logique, la Côte d’Ivoire devra mobiliser à l’horizon 2030 environ 163 milliards de francs CFA, soit près de 292 millions de dollars, correspondant à 60 % de l’enveloppe globale du programme. L’aide américaine est ainsi conçue comme un levier d’accompagnement et non comme une substitution durable aux financements domestiques.
La Côte d’Ivoire rejoint, dans ce cadre, plusieurs pays africains ayant récemment signé des accords similaires avec Washington, notamment le Liberia, le Rwanda et l’Ouganda.
Des progrès sanitaires reconnus, mais des défis persistants
Selon l’Organisation mondiale de la santé, la Côte d’Ivoire a enregistré ces dernières années des avancées notables, en particulier dans la réduction de la mortalité liée au VIH et au paludisme, ainsi que dans la baisse des nouvelles infections.
Parallèlement, le pays a accéléré le déploiement de la Couverture Maladie Universelle. À fin octobre 2025, environ 21 millions de personnes étaient enrôlées et 15 millions de cartes avaient été produites, traduisant une montée en charge progressive du dispositif.
Malgré ces progrès, plusieurs défis structurels demeurent. Ils concernent notamment l’intégration effective du VIH dans le panier de soins courants, le déploiement d’outils numériques d’aide à la prescription, ainsi que l’interopérabilité des systèmes d’information sanitaire, encore fragmentés.
Une cohérence avec la planification nationale 2026-2030
Le partenariat avec les États-Unis s’inscrit dans les orientations du Plan National de Développement Sanitaire 2026-2030. Ce document stratégique prévoit des réformes visant à améliorer l’équité territoriale, la qualité des soins, la gouvernance du secteur et la résilience du système de santé face aux chocs sanitaires et épidémiologiques.
Sur le plan macroéconomique, l’enjeu est également budgétaire : il s’agit de concilier montée en charge des dépenses de santé, soutenabilité des finances publiques et mobilisation accrue des ressources domestiques, dans un contexte où la santé devient progressivement un pilier central des politiques de développement.




