Au Sénégal, la pêche contribue à moins de 5 % du produit intérieur brut (PIB), mais elle demeure un pilier social et alimentaire majeur, avec plus de 600 000 emplois et un rôle central dans l’approvisionnement en protéines animales. Dans ce contexte, les autorités poursuivent le renforcement des infrastructures dédiées à la gestion de l’offre et des marchés.
Le marché central au poisson de Thiès a été officiellement inauguré le 24 janvier, pour un investissement total de 2,22 milliards de francs CFA (environ 4 millions de dollars). Le projet a été entièrement financé sur fonds propres par l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM), selon un communiqué du ministère des Pêches et de l’Économie maritime publié le 26 janvier.
Une infrastructure aux standards sanitaires renforcés
Conçu pour répondre aux normes sanitaires et de conservation, le nouveau marché affiche une capacité annuelle de traitement de 8 000 tonnes de poissons. Il est doté d’équipements de chaîne du froid, de zones de stockage et de dispositifs de contrôle qualité, visant à améliorer la traçabilité des produits et à réduire les pertes post-capture, encore importantes dans le secteur.
Selon le ministère, l’infrastructure doit permettre de structurer durablement les circuits de commercialisation, tout en améliorant les conditions de travail et les revenus des acteurs de la filière, notamment les pêcheurs, mareyeurs, femmes transformatrices et transporteurs. Elle s’inscrit également dans une logique de sécurité alimentaire et de création de valeur ajoutée au niveau local.
Thiès, un pôle clé de la pêche artisanale
Au-delà de l’enjeu logistique, le projet renforce la position de la région de Thiès dans l’économie halieutique nationale. D’après l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), la région est depuis 2019 le principal pôle de débarquement de la pêche artisanale, devant Ziguinchor, Dakar et Saint-Louis, concentrant près de 50 % des prises.
La valeur commerciale annuelle de la production halieutique traitée dans la région est estimée à plus de 80 milliards de francs CFA (environ 146 millions de dollars), selon les données officielles.
Un secteur stratégique mais sous pression
La pêche artisanale représente près de 80 % des captures totales au Sénégal et concentre l’essentiel des emplois du secteur. Le pays est par ailleurs le deuxième producteur de poissons en Afrique de l’Ouest, derrière le Nigeria, avec des captures annuelles dépassant 500 000 tonnes depuis 2022, selon la FAO.
Dans un contexte marqué par la pression sur les ressources halieutiques, les pertes post-capture et les défis de gouvernance, la mise en service du marché central de Thiès apparaît comme un outil structurant pour améliorer l’efficacité économique de la filière, renforcer la qualité des produits et soutenir la durabilité du secteur.




