Lomé accueille 20 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre pour accélérer la lutte contre la malnutrition infantile

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Vingt pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre se réunissent depuis le 11 mai à Lomé pour une conférence régionale consacrée à la nutrition infantile et au développement de la petite enfance. Organisée conjointement par le gouvernement togolais et le Groupe de la Banque mondiale, cette rencontre de trois jours vise à dresser un état des lieux de la malnutrition dans la région et à identifier des solutions durables de financement.

Une urgence sanitaire et humaine persistante

Les chiffres présentés à l’ouverture des travaux rappellent l’ampleur du défi. Dans la région, près d’un enfant sur trois souffre d’un retard de croissance, tandis qu’environ 65 millions de femmes sont touchées par l’anémie.

Pour les partenaires au développement, ces statistiques traduisent bien plus qu’un enjeu sanitaire. Elles reflètent aussi une perte de capital humain, une baisse du potentiel éducatif et une fragilisation des perspectives économiques à long terme.

« Ils représentent des potentiels bridés, des parcours scolaires compromis, des emplois qui ne seront jamais créés », a résumé Tony Verheijen, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo.

Le Togo met en avant ses progrès

Pays hôte de la conférence, le Togo a mis en avant certains progrès enregistrés ces dernières années. Le taux de retard de croissance infantile y est passé de 27,5 % à 23,8 % entre 2014 et 2017, tandis que le taux d’allaitement maternel exclusif atteint désormais 64,3 %, l’un des plus élevés de la sous-région selon l’UNICEF.

Les autorités rappellent également l’adoption en 2024 d’une stratégie nationale pour l’éducation préscolaire ainsi que de nouvelles règles encadrant les structures d’accueil de la petite enfance.

Malgré ces avancées, le gouvernement reconnaît que les défis restent importants, notamment en matière de diversité alimentaire et de nutrition maternelle.

« Des efforts restent à faire pour permettre à chaque enfant d’atteindre son plein potentiel », a souligné Martine Moni Sankaredja, ministre togolaise des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance.

La nutrition comme investissement économique

Au-delà de l’enjeu social, la conférence insiste sur la dimension économique de la nutrition. Selon la Banque mondiale, chaque dollar investi dans des interventions nutritionnelles intégrées pourrait générer jusqu’à 23 dollars de retombées économiques.

Cette approche place la nutrition au cœur des stratégies de développement, en lien avec la productivité, la compétitivité et la croissance inclusive.

L’UNICEF a également mis en avant les résultats du Fonds Muskoka, actif dans plusieurs pays de la région. Entre 2010 et 2024, ce programme aurait contribué à une hausse de 25 % de l’allaitement maternel exclusif, une baisse de 28 % des retards de croissance et une réduction de 74 % de la malnutrition aiguë sévère.

La question centrale du financement

Le principal enjeu politique de la rencontre reste toutefois le financement domestique. Les partenaires internationaux insistent sur la nécessité pour les États d’accroître leur engagement budgétaire afin de garantir des résultats durables.

Le conclave ministériel prévu à la clôture des travaux devra précisément répondre à cette question : comment mobiliser, de manière coordonnée et pérenne, les ressources nécessaires pour financer la nutrition et le développement de la petite enfance ?

Pour les organisateurs, la réponse à la malnutrition ne pourra reposer uniquement sur l’aide extérieure. Elle passera aussi par une appropriation plus forte des politiques nutritionnelles par les gouvernements de la région.

Y.H.

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