Face aux défis croissants de mobilité urbaine et à l’insécurité routière, le Sénégal poursuit la modernisation de son système de transport terrestre. Une nouvelle étape a été franchie avec la réception en Chine des 100 premiers véhicules d’un programme national portant sur 1 000 taxis neufs, destinés au renouvellement progressif du parc automobile.
Portée par le Fonds de Développement des Transports terrestres (FDTT) en partenariat avec la Banque pour le Commerce et l’Industrie (BCI), cette initiative vise à améliorer la qualité du transport urbain, en particulier à Dakar, où les taxis et minibus privés assurent encore une part importante des déplacements quotidiens.
Au-delà du simple remplacement de véhicules vieillissants, le programme s’inscrit dans une réforme plus large du secteur. Les autorités veulent renforcer la sécurité, améliorer le confort des usagers, réduire l’empreinte environnementale du transport routier et professionnaliser davantage les opérateurs. Le secteur reste en effet marqué par la vétusté d’une partie du parc, des conditions de transport souvent critiquées et un niveau de sécurité jugé insuffisant.
Cette dynamique s’accompagne d’autres mesures structurelles, notamment le renforcement du contrôle technique des minibus, la digitalisation de la gestion routière, un meilleur encadrement des VTC, l’introduction annoncée d’un permis à points, l’installation de balises GPS pour lutter contre les excès de vitesse, ainsi qu’un durcissement des contrôles sur les routes.
L’enjeu est aussi sécuritaire et économique. Selon la Gendarmerie nationale, le Sénégal enregistre en moyenne 5 200 accidents de la route par an, causant environ 745 décès et 8 500 blessés graves. Le coût économique de cette insécurité routière représenterait entre 4 % et 5 % du PIB, soit près de 163 milliards FCFA par an.
Avec ce programme, le gouvernement complète les investissements déjà réalisés dans les infrastructures lourdes comme le TER et le BRT, en ciblant cette fois le transport quotidien de proximité. Reste désormais à assurer une mise en œuvre efficace, notamment sur les conditions d’accès des chauffeurs aux nouveaux véhicules, leur maintenance et leur intégration dans un système de mobilité urbaine plus cohérent.
E.N.




