Mali : Vers des recettes extractives historiques en 2026 après un record de 978 milliards FCFA

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Portées par un nouveau Code minier agressif et la flambée des cours mondiaux de l’or, les recettes extractives du Mali ont franchi un cap historique. Avec la reprise des opérations du géant Loulo-Gounkoto, l’exercice 2026 s’annonce sous les meilleurs auspices pour les finances publiques de Bamako.

Un bond spectaculaire de la fiscalité minière

Le secteur extractif malien confirme son rôle de poumon de l’économie nationale. Selon le dernier rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), les recettes extractives captées par le budget de l’État ont atteint le niveau record de 978,29 milliards FCFA (environ 1,728 milliard USD).

Ce montant représente désormais 40,93 % des revenus publics de l’année, contre 27,81 % en 2023 et 34,8 % en 2022. L’or demeure le pilier incontestable de cette performance, représentant à lui seul 78,8 % des exportations totales du pays.

Et le lithium ? Malgré le démarrage de la production des mines de Goulamina (Ganfeng Lithium) et de Bougouni (Kodal Minerals), le métal blanc ne pèse pas encore lourd face au métal jaune. Sa contribution budgétaire reste pour l’instant marginale.

Les leviers de la performance : Réforme légale et cours mondiaux

Cette trajectoire haussière s’explique par la combinaison de deux facteurs majeurs :

1. Un Code minier plus exigeant

Adopté en 2023, le nouveau texte a porté la participation de l’État et des investisseurs locaux dans les projets miniers à 35 % (contre 20 % auparavant). De plus, l’audit du secteur a permis à Bamako d’engager des renégociations de contrats qui ont rapporté 331,64 milliards FCFA, selon l’ITIE.

2. Une conjoncture internationale exceptionnelle

Le cours de l’once d’or a enchaîné les records, atteignant une moyenne annuelle de 3 431 dollars, en hausse de 44 % sur un an. Les données provisoires affichent déjà un versement de 888,5 milliards FCFA par les miniers pour l’année écoulée, en progression de 6,4 % malgré un recul des volumes produits.

Production industrielle d'or au Mali :
2024 : 54,8 tonnes 
2025 : 42,2 tonnes (-22,9%)

Ce repli de la production s’explique par le bras de fer contractuel entre l’État et le groupe Barrick Mining, qui avait entraîné la suspension temporaire des activités du complexe de Loulo-Gounkoto. Le compromis trouvé en fin d’année a toutefois permis de relancer la machine.

2026 : L’année de tous les records ?

Les perspectives pour l’année en cours se révèlent particulièrement robustes, soutenues par une double dynamique de production et de prix :

  • Reprise des volumes : Au premier trimestre, la mine de Loulo-Gounkoto a déjà extrait 80 000 onces, maintenant le cap vers son objectif annuel de 360 000 onces.
  • Flambée des cours : Selon la Banque mondiale, le prix de l’once a franchi la barre historique des 5 000 USD en février. L’institution table sur une hausse moyenne de 37 % sur l’ensemble de l’année.

Perspectives de croissance macroéconomique

Dans ce contexte de plein régime aurifère, le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une croissance économique de 5,5 % pour le Mali.

Si les clignotants sont au vert, la concrétisation de ces prévisions restera toutefois tributaire de la stabilité des opérations industrielles face au défi persistant de la situation sécuritaire dans la région.

E.N.

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