Côte d’Ivoire : BRT, métro, TGV et 15 000 km de routes — la transformation du système de transport s’accélère, mais le financement reste à boucler

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Six millions d’habitants aujourd’hui, douze millions attendus d’ici 2050 selon l’OCDE : la pression démographique sur Abidjan transforme la mobilité urbaine en enjeu économique de premier plan. La Banque mondiale estime que la congestion chronique des axes de la capitale économique coûte à la Côte d’Ivoire jusqu’à 4 à 5 % de son revenu national. C’est dans ce contexte que s’inscrit le volet transport du PND 2026-2030, qui cumule plusieurs chantiers simultanés dont certains sont déjà en cours d’exécution.

BRT et métro : 500 000 passagers par jour attendus sur chaque ligne

Deux infrastructures lourdes sont en phase avancée sur le Grand Abidjan. Le Bus Rapid Transit (BRT) Yopougon-Bingerville — 20 km de voies réservées pour une ligne entièrement électrique — vise entre 300 000 et 500 000 voyageurs par jour à son ouverture en 2028, financé par la Banque mondiale et l’AFD. La Ligne 1 du métro, longue de 37 km entre Anyama et l’aéroport Félix-Houphouët-Boigny, cible également plus de 500 000 passagers quotidiens pour une mise en service en 2029 — l’infrastructure est entrée en phase d’électrification début 2026.

En attendant ces ouvertures, la SOTRA a plus que doublé sa flotte en une décennie, passant de 1 022 à 2 050 autobus entre 2011 et 2024, avec un trafic qui a progressé de 103 à 295 millions de passagers annuels sur la même période.

Le désenclavement rural, autre priorité du programme

Loin d’Abidjan, c’est un autre problème de mobilité qui pèse sur la compétitivité ivoirienne : dans plusieurs régions, plus de la moitié des habitants parcourent 5 à 10 km pour rejoindre une route praticable, avec des pertes agricoles qui se chiffrent en milliards de FCFA faute de pouvoir évacuer les récoltes. Le Projet de connectivité inclusive et d’infrastructures rurales (PCR-CI), lancé en 2023 pour six ans avec un budget de 345 milliards FCFA dont 181 milliards apportés par la Banque mondiale, prévoit la réhabilitation et l’entretien de 15 000 km de routes rurales dans onze régions. Objectif : ramener à moins de cinq kilomètres l’accès d’environ quatre millions de personnes à une route praticable en toute saison, en commençant par les bassins cotonnier et anacardier du Nord.

TGV et autoroutes : le programme 2030 reste à financer à 70 %

Le PND 2026-2030 prévoit de porter le réseau routier revêtu de 8 500 à 15 000 km et le linéaire autoroutier de 400 à 700 km, avec en chantier l’autoroute de l’Ouest entre Yamoussoukro et Daloa. Le projet le plus structurant — et le moins avancé — reste la ligne TGV de 640 km reliant Abidjan à Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo et Ferkessédougou, dont le financement n’est pas encore bouclé.

L’État ivoirien réunit bailleurs et investisseurs à Abidjan les 8 et 9 juillet prochains dans le cadre d’un groupe consultatif destiné à financer l’ensemble du PND, dont 70 % des besoins d’investissement sont attendus du secteur privé via des partenariats public-privé. Pour le TGV comme pour les nouvelles lignes ferroviaires, des défis de rentabilité économique, d’acquisitions foncières et de coordination régionale restent à résoudre avant qu’une décision finale d’investissement puisse être prise.

B.S.

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