Sénégal : la non souscription de contrats d’assurance grève les finances publiques

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Le défaut de souscription à une assurance a un impact significatif sur les finances publiques, a averti Mamadou Dème (photo), directeur des assurances au ministère des Finances et du Budget, lors d’un atelier de validation de l’Étude diagnostic sur l’assurance inclusive et le financement des risques de catastrophes au Sénégal. Cette réunion avait lieu dans le cadre du Projet Iref.

Dème a souligné que les dépenses liées à la prise en charge des victimes de catastrophes naturelles ont un impact considérable sur les prévisions économiques des États, en mobilisant d’importantes ressources pour la reconstruction des infrastructures et l’indemnisation des victimes. Il a cité en exemple le récent séisme au Maroc et les inondations en Libye, où l’absence d’assurance a compliqué la prise en charge des victimes.

L’atelier visait à explorer les opportunités de développement de l’assurance face aux risques liés aux catastrophes naturelles. Dème a précisé que l’État sénégalais est assuré contre la sécheresse, et en cas de déclenchement de ce risque, c’est la compagnie d’assurance panafricaine qui verse les fonds nécessaires à l’État pour faire face aux urgences rurales.

Njoya Tikum, représentant du Pnud au Sénégal, a souligné que les dégâts causés par les catastrophes naturelles sont évalués à 275 milliards de dollars US, mais seuls 125 millions de dollars US sont disponibles pour couvrir ces risques. Amsatou Fall, responsable technique de l’Association des assureurs du Sénégal, a également noté que le taux de pénétration de l’assurance dans la zone CIMA est très faible, avec une moyenne de seulement 1 % dans les 14 pays de la région. Elle a expliqué que cela résulte en partie du manque de sensibilisation des populations sur l’importance de l’assurance pour se protéger contre les risques.

De plus, certains secteurs d’activité peinent encore à se formaliser, ce qui retarde leur possibilité de souscrire à une assurance pour faire face aux vulnérabilités. Malgré ces défis, Dème a souligné que l’État sénégalais a déployé d’importants efforts pour encourager la souscription à l’assurance, obtenant ainsi des indemnités en 2014 et 2019, respectivement de 9,5 milliards et 14,5 milliards de francs CFA. Le Sénégal demeure le premier pays de la zone francophone d’Afrique à adhérer aux mécanismes mondiaux d’assurance.

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