Niger : la CEDEAO ouvre la voie à un allégement des sanctions

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Lors d’un sommet à Abuja, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a ouvert la voie à un allègement des sanctions contre le Niger sous certaines conditions. La principale exigence est une « transition courte » avant le retour des civils au pouvoir. Un comité composé des présidents du Bénin, du Togo et de Sierra Leone a été désigné pour négocier avec le régime militaire nigérien les engagements à respecter avant tout assouplissement des sanctions.

Le président de la commission de la CEDEAO, Omar Touray, a souligné que le Niger reste actuellement sous le poids de sanctions économiques et financières. Il a déclaré que la levée progressive des sanctions dépendra des résultats des négociations entre le comité et le Conseil national pour le salut du peuple (CNSP), le régime militaire nigérien.

La CEDEAO souhaite que le Niger s’engage dans une « feuille de route courte » pour une transition rapide vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel, impliquant le retour à un gouvernement civil. Cette décision intervient après la visite du chef militaire du Niger au Togo, accompagné de certains ministres, et la demande de médiation formulée par Niamey au président togolais Faure Gnassingbé.

La diplomatie américaine a également été impliquée dans le processus, avec la secrétaire d’État adjointe américaine aux Affaires africaines, Molly Phee, participant aux discussions du sommet. L’objectif est de faciliter le retour d’un régime démocratique au Niger et de contribuer à renforcer la stabilité dans la région du Sahel.

Le Niger, historiquement partenaire clé de l’Occident dans la lutte contre les groupes jihadistes, a récemment exigé le départ des troupes françaises. La multiplication des régimes militaires en Afrique de l’Ouest préoccupe la CEDEAO en raison des risques de déstabilisation régionale et des menaces pesant sur la démocratie. Le retrait de l’armée française du Sahel renforce ces inquiétudes, notamment dans les États du golfe de Guinée tels que le Ghana, le Togo, le Bénin et la Côte d’Ivoire. En outre, des événements présentés comme des tentatives de coup d’État ont eu lieu en Sierra Leone et en Guinée-Bissau, suscitant des préoccupations au sein de la CEDEAO et de l’Union africaine.

En ce qui concerne le Mali, les dirigeants ouest-africains ont décidé de lever les sanctions de voyage contre le président de la transition et son premier ministre. Le sommet à Abuja s’est tenu dans un contexte de crises multiformes dans l’espace sous-régional, avec des absences notables de dirigeants tels que Macky Sall, Alassane Ouattara et Patrice Talon.

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