CEDEAO : analyse sur l’effritement du bloc économique

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En l’an 2000, la Mauritanie avait pris la décision de se retirer de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Pourtant, en 2017, sans solliciter officiellement une réintégration, le pays avait signé un accord d’association dans le but de se rapprocher de la Cédéao.

Le 28 janvier 2024, trois autres nations, à savoir le Mali, le Niger et le Burkina Faso, ont annoncé leur retrait immédiat de l’organisation régionale. Les dirigeants militaires de ces pays ont exprimé leur regret, amertume et déception, soulignant que la Cédéao s’était éloignée des idéaux des pères fondateurs et du panafricanisme. Ils ont accusé l’organisation d’être sous l’influence de puissances étrangères, la qualifiant de menace pour ses États membres et les populations qu’elle devrait servir. De plus, ils ont reproché à la Cédéao de ne pas avoir apporté son soutien dans leur lutte contre le terrorisme.

Face à cette annonce, la Cédéao a réagi en soulignant qu’elle n’avait pas encore reçu de notification formelle directe des trois États sur leur intention de se retirer. La Commission de la Cédéao a précisé qu’elle travaillait avec ces pays démissionnaires pour restaurer l’ordre constitutionnel, conformément aux directives de la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement.

Les réactions du président en exercice de la Cédéao, Bola Tinubu, et de l’Union africaine ont exprimé leur regret face à cette décision. Les réseaux diplomatiques sont en ébullition, avec des appels entre chefs d’État et des efforts diplomatiques pour rapprocher les positions. Le Togo se positionne comme un médiateur potentiel, avec le président Faure Gnassingbé ayant des relations privilégiées avec les dirigeants des pays concernés.

Certains estiment que le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger constitue un défi pour la Cédéao et soulignent la nécessité pour l’organisation de se remettre en question et de devenir véritablement la Cédéao des peuples. Depuis l’arrivée des régimes militaires dans ces trois pays, les relations avec la Cédéao sont tendues, marquées par des sanctions en réponse aux coups d’État militaires et aux réactions de ces pays membres de l’AES.

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