UEMOA : 400 entreprises détiennent près de 30% des crédits à l’économie

Date :

Partager l'article :

La concentration des crédits entre les mains d’un petit nombre de grandes entreprises exerce une influence significative sur la stabilité financière du système bancaire de l’UEMOA.

Selon une récente analyse de la BCEAO, dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), environ 400 entreprises détiennent près de 30 % des crédits à l’économie à la fin de l’année 2023. En examinant les crédits déclarés à la Centrale des risques bancaires de l’Union, ce groupe restreint d’entités, représentant moins de 1 % du tissu productif, contrôle 50,6 % des encours de crédits octroyés par plus de 130 banques opérant dans la région.

Cette concentration des crédits varie considérablement d’un pays à l’autre au sein de l’espace économique de l’UEMOA. Par exemple, en Guinée-Bissau, les 50 principales entreprises en termes de crédits absorbent 58,1 % des crédits à l’économie, tandis qu’au Niger, ce ratio s’élève à 50,4 %. Cette situation dénote une forte concentration du crédit entre les mains de quelques acteurs économiques majeurs. Au Mali, cette proportion est légèrement inférieure, à 35,3 %.

Dans ce contexte, le Togo et le Bénin voient respectivement 50 entreprises concentrer 37,6 % et 34,2 % des crédits à l’économie, selon les données de la BCEAO. En revanche, la Côte d’Ivoire et le Sénégal affichent des taux de concentration plus modérés, avec respectivement 25,2 % et 26,6 %.

Une analyse des engagements selon leur maturité révèle que les crédits à court terme prédominent par rapport à ceux à moyen et long termes à l’échelle de l’Union. À la fin de l’année 2023, les ressources à court terme octroyées aux 50 plus grandes entreprises utilisatrices de crédits bancaires représentaient 59 % contre 41 % pour les crédits à moyen et long termes.

Cette concentration des crédits met en lumière diverses dynamiques sectorielles et les stratégies bancaires dans la région, mais elle expose également le système financier aux crises qui affectent les grandes entreprises. Ceci est particulièrement préoccupant dans des économies où les PME, malgré leur prépondérance dans le tissu économique et l’emploi, éprouvent des difficultés à obtenir des financements pour leur croissance.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

spot_img

Articles similaires

Secteur minier au Mali : La production d’or rebondit au S1 2026 et surpasse les prévisions de Bamako

Portée par le redémarrage à régime soutenu du complexe de Loulo-Gounkoto et le rendement du site de Fekola,...

Filière hévéa en Côte d’Ivoire : Le pari de la transformation locale face à l’érosion des prix bord champ

Alors que la FPH-CI et Eni Côte d’Ivoire lancent la campagne 2026 avec un objectif de collecte de...

Sierra Leone : Les travaux s’accélèrent pour intégrer la future centrale NANT au réseau électrique

Pour répondre au déficit d’électricité qui frappe le pays, l’Electricity Distribution and Supply Authority (EDSA) a engagé du...

Moody’s relève la note de la BIDC à B1 avec perspective stable : un tournant pour le financement de l’Afrique de l’Ouest

L’agence de notation Moody’s a rehaussé la note d’émetteur à long terme de la Banque d’investissement et de...