Rosatom en pourparlers pour le contrôle des actifs d’uranium d’Orano au Niger

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La société russe Rosatom, spécialisée dans l’énergie nucléaire, cherche à prendre le contrôle des actifs d’uranium détenus par Orano (ex-Areva) au Niger. Cette démarche intervient dans un contexte de relations diplomatiques tendues entre la France et le Niger, suite au putsch de juillet 2023 qui a vu la junte au pouvoir renforcer ses liens avec Moscou.

Actifs Stratégiques en Jeu

Orano exploite la seule mine d’uranium active au Niger, Somaïr, et détient également des intérêts dans Cominak, une mine fermée depuis deux ans. En outre, Orano contrôle le projet Imouraren, dont le développement a été suspendu en 2015 en raison de la faiblesse des prix de l’uranium. La production d’Orano représente entre 15 et 17 % des besoins en uranium de la France, et environ un quart de ceux des pays de l’Union européenne.

Conséquences Géopolitiques et Énergétiques

La perte potentielle de ces actifs pour Orano pourrait poser un risque significatif pour la production d’électricité en Europe, notamment pour la France où 65 % de l’électricité provient du nucléaire. Ce changement de contrôle des mines d’uranium pourrait également symboliser un renforcement des liens entre le Niger et la Russie, au détriment de la France, l’ancienne puissance coloniale.

Depuis le coup d’État de 2023, les relations diplomatiques entre Niamey et Paris se sont rapidement dégradées, entraînant le départ des troupes françaises du Niger. Parallèlement, la Russie a fourni des armes et des instructeurs au Niger et a accueilli une délégation nigérienne au forum Atomexpo à Sotchi en mars dernier.

Concurrence et Perspectives Futures

Outre Orano, d’autres compagnies sont présentes dans le secteur de l’uranium au Niger. Les entreprises canadiennes GoviEx Uranium et Global Atomic développent des projets d’uranium dans le pays. La China National Nuclear Corporation (CNNC) est également un acteur clé, copropriétaire de la Société des mines d’Azelik (SOMINA) avec l’État nigérien. CNNC prévoit de reprendre l’exploitation d’uranium après une interruption en 2014 due à la baisse des prix.

La tentative de Rosatom de prendre le contrôle des actifs d’uranium d’Orano au Niger pourrait avoir des répercussions significatives sur le marché mondial de l’uranium et sur la géopolitique de l’énergie. Cette situation souligne l’importance stratégique des ressources en uranium du Niger et les enjeux internationaux liés à leur contrôle.

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